Guitariste-chanteur de Vain Valkyries, duo mathcore/grunge auteur d’un solide second album baptisé “Wonders“, Ian Debeerst nous parle du matériel qu’il utilise sur scène et en studio.
Guitare
Je ne suis pas matérialiste, je n’entretiens pas de relation particulièrement fusionnelle vis-à-vis de mon instrument. À la base, je suis batteur et la guitare est surtout pour moi un formidable outil d’expérimentation sonore. Je trouve dingue tout ce qu’on peut faire avec !
Celle que je j’utilise le plus aujourd’hui est un modèle d’une marque low-cost, vendu par un magasin de musique allemand très connu. Pas besoin de lui faire de la pub (il s’agit du modèle JA-Baritone P90 d’Harley Benton, ndr)… C’est une guitare baryton, avec un diapason de 30 pouces et une forme Jazzmaster. D’origine, il y a deux micros P90, mais j’ai quand même fait changer celui du chevalet pour un Humbucker de chez Bare Knuckle, les mécaniques aussi, par mon ami luthier FNZ Atelier, que je conseille vivement au passage ! Il m’a aussi fabriqué un corps de basse sur lequel j’ai pu greffer mon manche en aluminium de chez TTTides (https://tttides-guitars.com), un instrument que je joue dans dans mon autre groupe, Sordide. Ma guitare principale est accordée en Drop A. Parfois, je descends la corde grave du La vers un Fa pour encore plus de fun. Plus c’est grave, mieux c’est, non ?
Pour l’enregistrement du nouvel album “Wonders“, j’ai également joué sur une Reverend Descent, qui est une guitare baryton avec un diapason un peu plus petit que 30 pouces. C’est une excellente guitare, plus qualitative au niveau de la lutherie que ma Jazzmaster, mais je l’ai revendue parce que je préfère en fin de compte les modèles 30 pouces, avec mes grandes mains !
Amplis
Depuis les débuts de Vain Valkyries, notamment pour les sessions en studio, j’utilise un ampli guitare Diezel VH4 avec son 4×12’’ et un ampli basse Acoustic 450, couplé à un 2×15’’ de la même marque. Une anecdote à préciser concernant les enregistrements du groupe, c’est que je n’ai enregistré qu’une seule piste de guitare par album, aucun overdub ! Il n’y a qu’une seule et unique guitare enregistrée en DI, réampée dans de multiples configurations d’effets et d’amplis pour épaissir le tout. Cela dans le souci de garder une certaine cohérence de jeu vis-à-vis du live, et la contrainte permettant d’éviter la facilité et d’expérimenter des choses.
Pour les concerts, depuis un an environ, j’ai opté pour une configuration plus « légère ». Je suis passé en stéréo au niveau de la guitare via deux Quilter Tone Block 2×12’’, avec en plus un ampli basse Quilter Bass Block. Je suis super content de ce choix : la stéréo change la donne, et ces petits amplis sont légers et sonnent vraiment bien. Et puis, ça fait du bien de ne pas se traîner une tête 100W à lampes à chaque concert !
Effets
Le son du groupe est à la base très influencé par la DigiTech Whammy DT, qui permet de transposer les accordages sans gros artefact sonore. Elle m’a permis d’expérimenter des accordages graves, qui m’ont poussé vers la guitare baryton.
J’ai longtemps utilisé des pédales individuelles, avec la programmation d’un Switcher tel que le Boss ES-8, qui permet d’activer plusieurs pédales, couper le son d’un ampli et d’envoyer des signaux MIDI d’un coup de footswitch. C’était lourd et fastidieux, avec un pedalboard très fourni, mais ça fonctionnait.
Aujourd’hui, je suis passé sur un Helix de chez Line 6 et cela a changé la donne pour moi. Je peux faire tout ce que je faisais avant, de façon beaucoup plus simple et avec des possibilités de routing plus poussées encore. C’est une vidéo Rig Rundown de Kurt Ballou (Converge, GodCity Studios…) qui m’a fait prendre conscience que « le son, c’est dans les doigts » et que ma collectionnite de pédales pouvait se calmer. Car oui, à un moment, c’est une maladie.
Dans mon Helix, je passe par des simulations de Life Pedal, Rat, Darkglass, Whammy, d’amplis Diezel VH4, Acoustic, qui sont vraiment top. J’utilise beaucoup les fonctions de Pitch pour changer d’accordage pendant notre set. Je passe également par le Helix pour piloter en MIDI un processeur vocal TC Helicon branché dans la console façade, qui me permet de changer les Reverb et Delay en plein morceau.
Photo : © Mathilde DiMarco

