SUR LA PLATINE DE – DUST LOVERS

Clément Collot, frontman de Dust Lovers, quatuor post-punk auteur d’un solide et énergique “Green Screens“, nous parle des albums qui ont jalonné son parcours de musicien.

Ton premier disque acheté ?
Clément Collot (chant/guitare/synthés) : J’ai hérité de la collection de mes parents, qui était déjà pas mal fournie. Mais mon premier vrai disque à moi, acheté avec mes sous dans une brocante à Paris, c’était “Wild Planet“ – le rouge – de The B-52’s. C’est dans cet album qu’on trouve l’énorme tube Private Idaho. Ce groupe a eu une influence énorme sur la musique de Dust Lovers au fil des années. Et mon deuxième disque, c’était The B-52’s, le jaune cette fois. 


Quels sont tes albums de chevet ?
C’est hyper variable, en fonction des époques. Mais je pense que ceux qui ont été le plus présents et influents dans la durée ( j’en possède même plusieurs copies parfois ! ) sont : “California“ de Mr. Bungle, un album qui donne envie d’être un crooner sous caféine. “Cure For Pain“ de Morphine. Cet album est si dark et sexy qu’on a le goût d’une clope en bouche, même si on ne fume pas. “Globalcut“ de L.T.N.O. Peu de gens connaissent Les Tétines Noires et cet album est introuvable de nos jours ! Si on a pas acheté le CD en 1999, c’est foutu. Et pour finir, le “White Album“ de The Beatles. Ai-je besoin de développer ?


Quel est l’album, live ou studio, que tu aurais rêvé d’enregistrer ?
J’aurais adoré, si se n’est participer, être témoin des Desert Sessions au Rancho de la Luna. Notamment le volume 9/10, avec Alain Johannes, PJ Harvey… Il y’a une spontanéité incroyable dans ces disques qui n’est palpable que dans certains albums de punk DIY, de blues ou de country. La version de Make It Witchu, par exemple, est mille fois mieux que celle de l’album de Queens Of The Stone Age, qui semble trop réfléchie et arrangée. Les Desert Sessions sont brutes et sans chichi et c’est ça qui rend le truc magique.


Quels sont les disques qui résumeraient au mieux l’univers musical de “Green Screens“ ?
L’envie principale de “Green Screens“ était d’essayer d’atteindre une forme de simplicité. Notre précédent album, “Fangs“, était extrêmement détaillé, presque maximaliste, avec des arrangements hyper subtils et nombreux, des mélodies , des contrepoints… En prenant de l’âge, je me suis mis à écouter des trucs plus bruts et rugueux qui m’ont donné envie de tourner des potards sur des synthés.

Comme références, je citerai l’album de Suicide sorti en 1977 pour le côté crooner sur des boucles de synthés et des samples. C’est clairement une ambiance que nous cherchions à avoir. Il y a aussi l’EP “No Tears“ (1978) de Tuxedo Moon pour l’approche acérée, et “Freedom Of Choice“ (1980) de Devo pour l’énergie !


Quelle est ta pochette d’album préférée ?
Les pochettes des albums de Morphine ! Notamment celles de “Good” et “Yes”. Hyper simples, un peu désuètes, avec une image plein cadre et un lettrage un peu kitsch. J’adore la simplicité dans les artworks. La simplicité, c’est ce qui traverse le mieux les époques.


Quel est ton dernier disque coup de cœur ? 
“Steamy Highways Never End“ de Bound By Endogamy, un duo suisse de post-punk/électro. C’est un album hyper acide sorti en 2025, l’ambiance y est folle. J’adore les boîtes à rythmes vintage qui donnent une impulsion aux morceaux en sachant se faire oublier. La voix lancinante de Kleio hante chaque titre. Les synthés sont parfaits, rappelant à la fois la acid-house des années 90 et la dungeon synth de nerd. Une écoute fabuleuse de la première à la dernière seconde !

Photo : © Emmanuel Mazy