SCÈNE OUVERTE – RED SUN ATACAMA

Avec un EP et trois albums au compteur, Red Sun Atacama est aujourd’hui une valeur sûre de la scène heavy-rock hexagonale. Rencontre avec le trio pour en savoir plus sur son dernier long format en date, l’excellent “Summerchild“.

Atacama
Comme pour beaucoup de groupes, trouver un nom au début n’a pas été évident. C’est Robin, le batteur, qui a eu l’idée d’Atacama. Ce fut tout de suite le coup de foudre ! De par ses particularités et sa mystique, le désert d’Atacama est une métaphore parfaite de notre musique : des variations entre les extrêmes, de la brutalité, de la beauté, énormément de contrastes, de l’aridité monolithique ou des explosions psychédéliques/énergiques. « Red Sun » est venu s’accoler par la suite… pour faciliter le référencement (rires) ! Mais le cœur du nom, c’était bien Atacama. Clément (chant/basse) étant bi-national franco-chilien, ça ajoute à la cohérence de l’ensemble. Le choix d’Atacama nous a aussi largement inspirés pour la suite, avec des références visuelles, musicales ou littéraires dans les œuvres du groupe.

Trio
Être en trio est un paramètre primordial du groupe. Que ce soit musicalement comme scéniquement, nous cherchons vraiment à pousser la formule pour que chacun de nous ait une place énorme afin de pouvoir exploser en présence, en créativité et en puissance, tout en gardant un ensemble hyper cohérent. Il faut imaginer ça comme trois chevaliers de l’Apocalypse qui se fondent en un seul monolithe, pour remplir tout l’espace avec une intensité et une identité uniques.

Pour ce qui est du processus de composition, nous avons la chance d’être trois personnes qui, humainement et musicalement, s’apprécient et se comprennent. Sans cette cohésion, avec notre organisation actuelle, ce serait compliqué de composer car nous ne vivons plus au même endroit. Avant, nous avions une part importante de jam en répétition, mais cela s’est réduit avec le temps, même si ça n’a pas complètement disparu… Ceux qui nous ont vus en concert le savent !

Aujourd’hui une bonne partie des morceaux se construit à distance. Nous nous retrouvons surtout pour « gluer » les chansons en les jouant plusieurs jours d’affilée en live et voir ce qui a besoin d’être affiné ou pas. Au final, il y a une approche globale assez structurée. Mais c’est plus un terrain de jeu qu’un cadre militaire. Nous cherchons à rester très cohérent dans l’ensemble tout en permettant à chacun de proposer librement des idées dans son domaine.

Summerchild
Pour l’enregistrement, nous avons très vite fait le choix de repartir à l’Apiary avec Amaury Sauvé. Nous avions été ravis du résultat sur “Darwin“ et nous étions prêts à revenir (et souffrir !) avec Amo. L’Apiary est vraiment un magnifique studio avec du matos de fou, mais c’est avant tout le travail acharné d’Amaury qui permet toujours de magnifier la musique proposée. Le temps de l’album, il endosse presque la casquette de coach et aide vraiment beaucoup le groupe à accoucher du meilleur résultat possible.

Nous avons repris l’esthétique sonore de notre précédent album, mais en faisant un effort particulier sur “Summerchild“ pour avoir des formats plus courts, en quelque sorte plus « efficaces ». Le côté psyché est un peu moins présent, mais l’intensité est beaucoup plus accentuée. Résultat : les parties douces sont encore plus planantes et les parties lourdes sont encore plus monolithiques. Bon, l’avant-dernier morceau fait quand même plus de huit minutes… On ne se refait pas (rires) !

Scène
Concernant la scène française, la première chose à dire c’est que la France a un incroyable talent (rires) ! Plus sérieusement, le nombre de groupes de qualité dans l’Hexagone est vraiment honorable et nous sommes fiers d’en faire partie, tout en étant contents d’avoir notre truc à nous. Entre le côté Atacama un peu mystique et sud-américain, et notre style souvent caractérisé par l’énergie et la vitesse, on nous a collé l’étiquette « desert-punk » que nous adorons.

Label
Tout comme retourner bosser avec Amaury, retravailler avec Mrs Red Sound s’est fait très naturellement. C’est un label super familial mais très pro, qui prend énormément soin de ses artistes et met vraiment du sien pour booster ses poulains. Nous pouvons un grand coup de chapeau à l’équipe pour le soutien et le développement de Red Sun Atacama depuis 2022 et la sortie de “Darwin“. Encore merci Floriane et Jimmy !

Photo : © Jessica Calvo