ABRAMS – Le grand plongeon

Rencontre avec Zachary Amster, le frontman d’Abrams, pour parler de “Loon“, intense dernier album en date du quatuor de Denver à ranger précieusement aux côtés de ceux de Quicksand et Cave In.

Par rapport à votre précédent album “Blue City“, “Loon“ paraît plus sombre et plus frontal. Qu’est-ce qui a changé entre ces deux disques ?
Zachary Amster (chant/guitare) : En tant que groupe, notre objectif principal est de ne jamais composer deux fois le même album. Dès notre sortie du studio pour “Blue City“, nous avons commencé à écrire les morceaux de ce qui allait devenir “Loon“, avec l’intention de créer une musique puissante et des morceaux plus uptempo.

Le communiqué de presse, qui accompagnait la sortie “Loon“, mentionnait la colère, la frustration et l’effondrement social comme sources d’inspiration. Comment ces sentiments se traduisent-ils ensuite dans les chansons ?
Naturellement, j’écris à partir de mon expérience du monde à ce moment-là. La musique passe toujours en premier. Donc, une fois les morceaux composés, je fredonne une mélodie qui me plaît. En général, je trouve un mot ou une phrase qui me parle, puis je comble les blancs. Ça vient tout naturellement. Il peut se passer des mois après qu’un morceau soit terminé avant que je réalise vraiment de quoi il parle.

On ressent une agressivité plus marquée sur des titres tels que Glass House, Said & Done et Home. Aviez-vous consciemment envie d’un son plus lourd cette fois-ci ?
Oui. Nous voulions simplifier les overdubs et obtenir un son aussi naturel que possible, comme si quatre gars jouaient ensemble dans une même pièce. Si ça sonne déjà bien ainsi, ça devrait bien se traduire sur un enregistrement. Notre intention était de composer notre album le plus lourd à ce jour.

Sur cet album, les parties vocales semblent plus assurées et intenses que jamais. As-tu abordé le chant différemment pendant ces sessions ?
À chaque album, je me sens plus à l’aise en tant que chanteur. J’essayais de correspondre à l’intensité de la musique tout en continuant à écrire des refrains accrocheurs. Cela m’a conduit à une approche plus agressive avec ma voix. Et ça n’aurait pas été crédible avec une manière de chanter plus timide.

Le processus d’enregistrement de “Loon“ vous a-t-il semblé différent des albums précédents ?
Nous voulions simplifier les choses, avec moins d’accent mis sur la production et les overdubs. Disons que notre approche pendant l’enregistrement de “Loon“ fut plus du type « less is more ».

Beaucoup de groupes calment le jeu avec le temps, mais “Loon“ semble aller dans la direction opposée. Pourquoi était-ce le bon moment pour vous d’avoir une approche plus décapante de votre musique ?
Nous avions besoin de changer les choses. Nos deux derniers albums, “In The Dark“ et “Blue City“, étaient musicalement assez similaires. J’avais le sentiment qu’il nous fallait une sorte de renaissance. Ce changement radical nous a boostés et redonné envie d’enregistrer.

Selon toi, quel morceau résume le mieux l’esprit de “Loon“ et pourquoi ?
Au niveau des paroles, je dirais How Did I Lose My Mind. Son titre résume tout. Musicalement, Said & Done, parce qu’il a tout : l’attitude punk, un côté noisy et des refrains accrocheurs.

Maintenant que “Loon“ est sorti, qu’espérez-vous que les auditeurs retiennent de ce disque ?
J’espère qu’ils auront envie de le réécouter et de le partager avec leurs amis. C’est un album qui s’apprécie avec le temps.

Aurons-nous un jour la chance de voir Abrams en concert dans l’Hexagone ?
Nous aimerions tellement ! Mais financièrement, ce n’est tout simplement pas envisageable pour le moment. Les tournées internationales coûtent incroyablement cher. Donc si les propositions deviennent favorables pour nous, nous sauterons dans le premier avion !

Photo : © LK Konkoli