ABRAMS – In The Dark – (Small Stone Records)

Depuis 2013, Abrams avance en préférant pour chacune de ses réalisations la remise en question à la répétition confortable. Au fil d’un EP et de trois albums, la formation a patiemment affûté son identité, jusqu’à accoucher aujourd’hui d’un quatrième disque dense, ambitieux et remarquablement maîtrisé. On sent ici un groupe arrivé à maturité, capable de transformer ses années de recherche en une proposition artistique aussi cohérente qu’exaltante.

Là où tant de formations se perdent dans l’empilement d’influences brandies comme des trophées, Abrams choisit l’assimilation plutôt que la citation. Le quatuor de Denver absorbe judicieusement l’héritage du post-hardcore des années 90, de la tension mélodique de Quicksand aux textures en apesanteur de Failure, en passant par les échappées abrasives de Cave In, sans jamais sonner comme une simple copie carbone. Ailleurs, quelques clins d’œil plus contemporains émergent : la puissance progressive de Mastodon, ou l’énergie massive et lumineuse de Torche sur un titre (In The Clouds).

Mais la vraie réussite est ailleurs, à savoir dans cette capacité rare à faire dialoguer références et personnalité propre. Abrams ne recycle pas, il réinvente. “In The Dark“ est un album riche sans être démonstratif, sophistiqué mais aucunement pompeux. Un disque qui mérite largement qu’on s’y attarde, et mieux encore, qu’on y revienne.