SUR LA PLATINE DE – ELECTRIC JAGUAR BABY

Avec “Clair-Obscur“, Electric Jaguar Baby a réalisé un album brut taillé pour la scène dans lequel sueur et Fuzz ne font qu’un. Les deux musiciens du groupe nous parlent des disques qui ont marqué leurs parcours.

Votre premier disque acheté ?
Antoine (guitare/chant)
 : Le tout premier disque qui est entré chez moi, c’était “Reload“ de Metallica. Ma mère me l’avait acheté à la FNAC, sans que je sache vraiment sur quoi j’allais tomber. C’était surtout un nom sur lequel je voulais mettre « play ». Je me souviens avoir été un peu dérouté au début, mais c’est clairement un album qui m’a ouvert les oreilles à quelque chose de plus brut et intense. Je l’ai au final beaucoup écouté et je l’adore aujourd’hui encore. Le premier disque que j’ai acheté moi-même, avec mon argent de poche, c’était le premier Rage Against The Machine. Et là, révélation totale ! J’ai aussi piqué le CD « Evil Empire » – toujours de Rage Against The Machine – à ma sœur, un disque tellement incroyable. Ce mélange de puissance, de groove et de colère maîtrisée m’a marqué à vie.
Franck (batterie/chant) : Mon premier disque, c’était “Use Your Illusion II“ de Guns N’ Roses. Je l’avais pris parce qu’il y avait la reprise de Bob Dylan, Knockin’ On Heaven’s Door. Et franchement, ça a été une claque. Les Guns, c’est du rock’n’roll pur jus : un chanteur exubérant, un guitar-hero flamboyant, des morceaux qui restent en tête pendant des jours… Tout était là. Cet album a tout déclenché pour moi, et je l’écoute encore aujourd’hui, sans jamais m’en lasser.


Quels sont vos albums de chevet ?
Antoine :
Le premier Rage Against The Machine, “Punk In Drublic“ de NOFX, “Songs For The Deaf“ de Queens Of The Stone Age, “In Utero“ de Nirvana, “The Shape Of Punk To Come“ de Refused, et évidemment les fameux six premiers albums de Black Sabbath, si je dois vraiment choisir ! Ce sont des disques fondateurs, chacun à sa manière. Ils ont cette énergie brute, sans filtre, mais toujours avec une vision derrière. Pas très stoner tout ça, je sais, mais ce sont des disques qui m’ont forgé musicalement et qui reste des références encore aujourd’hui.
Franck : Alors là, je pourrais en citer des tonnes… “In Utero“ de Nirvana, “Definitely Maybe“ d’Oasis, “Revolver“ des Beatles, “Superunknown“ de Soundgarden, “Era Vulgaris“ de Queens Of The Stone Age, “Exile On MainSt.“ des Rolling Stones, l’album avec la tête de mort de Rancid, “Dookie“ de Green Day, le seul et unique album des Sex Pistols, et “Led Zeppelin IV“. Ces disques, je les connais par cœur, mais ils continuent de m’inspirer. Ce sont des albums honnêtes, directs, sans triche, le rock comme je l’aime.


Quel est votre disque préféré enregistré par un duo guitare/Batterie ?
Antoine
 : “Icky Thump“ de The White Stripes, sans hésitation. C’est pour moi l’apogée de la créativité du groupe, le moment où Jack White pousse son univers à fond, tout en gardant cette tension minimaliste qui faisait la force du duo. C’est aussi l’annonce du futur « son » de Jack White en solo, entre blues, garage et expérimentations guitaristiques, et son identité sonore et visuelle. Une vraie merveille, que j’aurais pu citer dans mes albums de chevet d’ailleurs.
Franck : Le premier album de Royal Blood. Quand il est sorti, ça a été une vraie bouffée d’air frais. Ce duo a réussi à proposer un son massif, neuf, sans guitare, juste avec une basse trafiquée et une batterie énorme. Royal Blood a redéfini ce qu’un duo pouvait faire en rock. C’était moderne, punchy, et surtout, ça sonnait !


Quels albums résumeraient au mieux l’univers musical de “Clair-Obscur“ (Majestic Mountain Records) ?
Antoine
 : Je dirais “Blood Lust“ d’Uncle Acid & The Deadbeats, “Songs For The Deaf“ de Queens Of The Stone Age et “Horror Business“ des Misfits. Ces albums traduisent bien cette balance entre lourdeur, mélodie et ambiance étrange que nous aimons explorer. Mais c’est toujours difficile de prendre du recul sur sa propre musique, surtout quand on a co-composé les morceaux !
Franck : Ce n’est pas simple comme question… Plutôt que des albums précis, je dirais que “Clair-Obscur“ est un mélange entre Black Sabbath qui jouerait du Black Keys, et inversement. Ou comme si The Doors se mettaient à faire de la brit-pop. Nous piochons dans tout ce que nous aimons sans préméditation, du psyché au stoner, en passant par le classic-rock. Nous aimons quand ça groove, quand c’est habité.


Quel est le morceau de “Clair-Obscur“ dont vous êtes le plus fiers ?
Antoine
 : Je dirais Heroine. C’est un titre qui, à mon sens, condense presque toute l’essence d’Electric Jaguar Baby. Il y a la lourdeur, la mélodie, la tension et une écriture assez fluide. Et en plus, la composition s’est faite très naturellement, sans se prendre la tête. Nous avons ensuite retravaillé les parties pour peaufiner le tout.
Franck : Bring Me Down, ce fut la vraie surprise. Nous avions trouvé facilement toute la musique, le refrain et sa mélodie voix, mais pour le couplet, nous n’avions encore rien composé. Patrón a accepté tout de suite et nous a bluffés, on adore le résultat. Un grand merci à lui. Nous avons eu l’occasion de jouer ce titre en live avec lui pour notre release party à Paris, c’était kiffant pour tout le monde !


Votre pochette d’album préférée ?
Antoine
 : Celle de “Dark Side of the Moon“ de Pink Floyd. Elle est intemporelle, simple, conceptuelle, et parfaitement en accord avec la musique. C’est une pochette qui a traversé les générations et qui reste un symbole du mystère et de la beauté du rock (et même au-delà !). J’aime beaucoup les pochettes très visuelles, reconnaissables, et qui donnent envie d’écouter le disque, même si tu ne le connais pas ! J’aime la symétrie. On s’efforce d’avoir cette approche avec Electric Jaguar Baby d’ailleurs.
Franck : “London Calling“ de The Clash. Cette photo, cette typographie, cette énergie brute : tout est parfait. Tu ressens la rage et la liberté du rock rien qu’en la regardant. C’est une image qui symbolise tout ce que ce genre peut être : vivant, dangereux, sincère. C’est beau, c’est rock, c’est punk et culte !


Quel est votre dernier disque coup de cœur ?
Antoine
 : Le dernier Thrice, “Horizons/West“. J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour ce groupe, pour sa manière d’évoluer sans jamais se trahir. Ce disque est pour moi l’un des meilleurs de Thrice, à la fois mature, inspiré et entièrement autoproduit. C’est rare d’entendre un groupe aussi cohérent après toutes ces années.
Franck : En ce moment, j’écoute beaucoup le dernier album (sans titre, ndr) de Mountain Dust, un groupe canadien qui fait un stoner hyper inspiré, avec un vrai sens de la mélodie. J’ai aussi adoré “Odd Love“ de Coilguns, le dernier The Hives, qui donne une pêche incroyable – tu as juste envie d’aller voir le groupe sur scène – et également le dernier Deftones, qui reste hyper solide, surtout pour une formation avec autant de route derrière elle. Quand un vieux groupe arrive encore à te surprendre, c’est que la flamme est toujours là.