Avec “Anger Box“, Great Panic Roger confirme sa trajectoire hybride via un troisième EP où l’électro grésille autant que le post-punk cogne. Arnaud Tock, moteur du projet, revient sur les cinq albums qui ont façonné son parcours musical.

THE CURE
Three Imaginary Boys
Je ne pouvais pas commencer cette interview sans évoquer un album qui pour moi a été un chamboulement, autant sur le point musical que personnel. C’est grâce à The Cure de manière générale, et précisément grâce à cet album avec des morceaux tels que 10.15 Saturday Night ou Three Imaginary Boys, que j’ai commencé à écouter du rock, à m’identifier à une culture, une scène musicale, un style, à me découvrir personnellement… et à m’éloigner des compilations NRJ que j’écoutais à l’époque (rires) ! Depuis, ce groupe n’a jamais quitté mon cœur et restera pour moi la référence ultime, même si j’avoue moins l’écouter. J’ai vu The Cure il n’y pas très longtemps en live, c’était la première et la seule fois. Lorsque Robert Smith est entré sur scène, j’étais comme un enfant. Ce mec dégage un charisme fou !

NIRVANA
Nevermind
Grosse claque lorsque cet album est sorti. Je n’avais pas entendu parler de l’album précédent, j’ai donc découvert Nirvana avec “Nevermind“, comme beaucoup de personnes. Ça a été une sorte de cataclysme dans le monde de la musique à l’époque. Ça touchait aussi bien le milieu de la musique underground que celui des grosses industries musicales. Même si le grunge existait déjà, pour moi, c’est Nirvana qui a réussi à en faire un mouvement à part entière. Ce groupe, avec un son hyper crade et en même temps hyper produit, a réussi à attirer un public très varié. Immense respect ! Je me souviens que je passais cet album en boucle sur le lecteur CD de la voiture de mes parents, c’était le seul endroit où je pouvais l’écouter fort. Mon seul regret est de ne jamais avoir pu voir Nirvana en live.

SMASHING PUMPKINS
Siamese Dream
À la fin des années 90, je vais voir un groupe local en concert. Durant son set, les gars font une reprise. Je ne la connaissais pas, mais tout le public chantait. Je demande au pote qui était avec moi quelle était cette chanson. Il me répond Today des Smashing Pumpkins. Le lendemain, je vais chez un disquaire pour écouter l’album : ce fut un coup de cœur immédiat. J’ai aimé l’énergie que le groupe dégageait, le son était énorme, incisif, avec des chansons aux structures différentes de ce que je connaissais auparavant. La première fois que j’ai vu les Smashing en live, nous étions dans la fosse et je me souviens que, par moments, mes pieds ne touchaient plus le sol durant plusieurs secondes. L’ambiance était complètement folle ! Ce groupe a eu une grande influence sur ma musique durant de très longues années.

RADIOHEAD
OK Computer
Même si je n’écoute plus trop Radiohead actuellement, ce groupe fait tout de même partie de mes références musicales. Ses chansons m’ont beaucoup inspiré durant des années et “OK Computer“, “Kid A“ et “Amnesiac“ ont été des moments clés dans mon évolution artistique. Je me souviens être allé voir Radiohead en concert un lundi soir, durant la tournée de “The Bends“, si je me souviens bien. C’est une amie qui m’avait traîné là-bas car son grand frère aimait bien le groupe. Nous étions à peine 300, la salle était bien vide, l’ambiance pas folle et sincèrement, cela ne m’avait pas vraiment convaincu. J’ai ensuite écouté “OK Computer“ à sa sortie et là, ça a été autre chose : une énergie rock, des chansons pop, et quelle voix ! Depuis, j’ai dû voir Radiohead une petite dizaine de fois et ça a toujours été des moments géniaux.

CHIKINKI
Lick Your Ticket
C’est un groupe anglais qui normalement existe encore, mais qui n’a rien produit depuis 2011. C’est un pote disquaire qui me l’a fait découvrir. J’ai eu la chance de voir Chikinki en live une fois dans un club. Grosse Claque. Un vrai show bien underground. J’ai, durant une période, été assez hermétique (et certainement un peu con) aux synthés dans le rock et c’est ce groupe qui m’a fait me rendre compte que les deux mondes n’étaient bien évidemment pas incompatibles. Les gars avaient remplacé les lignes de basse par des SH10, synthés mythiques des années 80 avec un son très acide. Ça donnait une singularité à leur son que je n’ai jamais entendu ailleurs. J’ai essayé longtemps de faire comme eux, mais sans succès. C’est certainement grâce à ce groupe que j’ai commencé à aimer les sons électroniques !
Photo : © V.Arbelet

