Né en 2020, autrement dit en pleine tempête pandémique, Great Panic Roger n’a jamais cherché à mettre de l’ordre dans le chaos. Et “Anger Box“ enfonce le clou avec une réjouissante assurance. Arnaud Tock, épaulé par la batterie solide et sans bavure de Florian Desvignes depuis la seconde réalisation de GPR, signe un troisième EP embrassant autant une approche crépitante de l’électro qu’un post-punk qui tabasse, et plutôt sévèrement. Sous la direction attentive de Peter Deimel, maître des lieux du légendaire studio Black Box, les machines grondent, les guitares mordent, et chaque break semble prêt à faire dérailler l’ensemble. Une bagarre joyeuse et sans compromis terriblement addictive, quelque part entre Idles et Ditz.
Disappointed ouvre le bal façon coup d’épaule dans une porte de saloon : post-punk râpeux, tendu, mais diablement efficace. Get Back On My Feet change la donne avec un groove sec et sournois, qui n’aurait pas dépareillé sur un dancefloor moite perdu dans une friche industrielle délabrée. Cette tension entre rock nerveux et pulsations électroniques devient l’ADN même du présent EP, cinq titres qui avancent sans trop se soucier du quand-dira-t-on, entre fièvre et hypnotisme.
Good To Be Here – véritable tube en puissance dans le genre – et Rose poussent encore plus loin l’envie de faire bouger les lignes : ça pulse fort, ça synthétise large, tout en gardant ce grain rugueux, presque noisy parfois, qui fait la signature de Great Panic Roger. Et puis Stuck ferme la marche avec une montée sombre et délicieusement poisseuse, comme un dernier verre qu’on s’enfilerait cul-sec avant d’affronter l’orage. “Anger Box“ est bien plus qu’un simple EP : c’est un petit shaker à secouer très fort. Un disque qui prouve définitivement que Great Panic Roger aime faire danser, de préférence avec les poings serrés.

