Quatre ans après “Earthbound“, Black Royal revient avec un quatrième album qui ne fait pas franchement dans la baignade estivale. Toujours aussi peu enclins à la légèreté, les cinq Finlandais enfoncent le clou avec un sludge massif, poisseux et saturé plus qu’il ne faut, accompagné de quelques réminiscences empruntées à un death-metal plutôt du genre mélodique. Les riffs s’abattent comme des blocs de granit, le chant gronde dans les profondeurs et la section rythmique avance avec la délicatesse d’un sous-marin nucléaire. Voilà pour le tableau, vous êtes prévenus. Quelque part entre la hargne tellurique de Crowbar et High On Fire, et les altérations plus planantes de leurs injustement méconnus compatriotes scandinaves, les Danois de Dying Hydra, Black Royal façonne un univers particulièrement dense et sacrément captivant.
L’eau constitue le fil conducteur de “Abyssian“, dont de nombreux thèmes explorent les profondeurs océaniques, les formes de vie sous-marines les plus improbables et convoquent également d’anciennes légendes nordiques. Une toile de fond qui colle parfaitement au dix morceaux du présent long format, tant le groupe parvient à installer une sensation permanente d’étouffement. Les quelques passages mélodiques, histoire d’éviter la noyade, ne viennent jamais alléger véritablement l’ensemble, mais accentuent plutôt le contraste avec cette lourdeur presque suffocante.
Avec “Abyssian“, Black Royal affine son approche et gagne en efficacité, tout en apportant un certain relief à cette masse sonore fluctuante. Un disque compact et sans concession, mais loin d’être monolithique, qui confirme que les Finlandais ont parfaitement assimilé les règles de la plongée en eaux très profondes. Attention de bien respecter les paliers de décompression pour la remontée.

