DEAF BLOKES – If Oceans Die… We Die – (Autoproduction)

Pas vraiment le genre à se réunir autour d’un feu de camp en écoutant de la folk, les gars de Deaf Blokes préfèrent nettement faire chauffer leurs amplis jusqu’à la limite autorisée (comprenez jusqu’à onze). Originaire de Mougins, le quatuor se fend d’un deuxième album qui sent le sable brûlant, la sueur et les membranes de haut-parleurs en fin de vie. Au programme, du stoner épais comme une coulée de lave, des guitares crasseuses, une basse qui cogne et un groove suffisamment poisseux pour coller aux semelles.

Pas besoin de chercher midi à quatorze heures : Deaf Blokes a manifestement grandi à l’ombre de Kyuss, avec Red Fang et Lowrider comme fréquentations régulières. Rien de franchement neuf sous le soleil du Mojave (enfin, de la Côte d’Azur pour être raccord), certes, mais une certaine manière de faire parler la poudre qui force le respect. Ici, pas de fioritures, pas de subtilité hors sujet, les riffs font le boulot, les amplis crachent et le stoner à l’ancienne reprend ses droits.

Derrière cette avalanche de décibels savamment maîtrisée et sacrément jubilatoire, “If Oceans Die… We Die“ laisse également filtrer quelques préoccupations plus larges, entre liberté, environnement (pour preuve le titre équivoque du présent long format) et les absurdités du monde actuel. Comme quoi, on peut envoyer du bois et avoir une conscience écologique. Un album sincère qui assume pleinement ses références et suffisamment accrocheur pour donner envie de reprendre rapidement une bonne dose de poussière dès le dernier titre terminé.