Avec “Devora“, Afexion ne cherche pas à réinventer une formule déjà bien éprouvée, mais plutôt à lui coller quelques bons coups de masse. Chez le quatuor parisien, le grunge (essentiellement) et le nu-metal des années 90 constituent un terrain de jeu parfaitement balisé, entre guitares abrasives, rythmiques musclées et alternance de tensions électriques et de passages plus rampants. Nirvana et Deftones figurent en bonne place au tableau des influences, sans que le groupe ressente le besoin de les cacher sous le tapis.
Cette absence de faux-semblants joue autant en sa faveur qu’à ses dépens : si l’ensemble témoigne d’une réelle compréhension des codes du genre, il peine encore à imposer une personnalité suffisamment marquée (quoi de plus normal quand on sait que le groupe s’est formé en 2022). Les compositions tiennent globalement la route, l’énergie est indéniablement au rendez-vous, mais l’écriture reste parfois trop dépendante de modèles prestigieux pour véritablement surprendre. La production, qui mériterait davantage de relief et de précision, ne permet pas non plus aux morceaux de prendre toute leur ampleur.
Rien de rédhibitoire pour un premier essai, dont la sincérité et les bonnes intentions constituent des arguments plus que solides. À Afexion désormais de sortir de l’ombre de ses aînés pour trouver sa propre voie et espérer franchir une étape.

