Moins de 35 minutes pour vous retourner les neurones et vous laisser sur le carreau. Voilà, le tableau est planté. Pressed ne fait clairement pas dans la dentelle avec ce second album, véritable entreprise de démolition menée à grands coups de noise-rock névrotique et de hardcore chaotique. Ici, rien ne semble devoir rester debout. Les riffs se télescopent, les structures se dérobent, le chant en roue libre participe à cette impression de déséquilibre permanent et l’ensemble joue constamment avec les nerfs, dans un joyeux désordre qui ne laisse guère de répit.
Loin de chercher à arrondir les angles, le quatuor de Memphis cultive avec un malin plaisir le décapage sonore, les ruptures de ton et une tension quasi permanente. Un disque aussi exigeant qu’intransigeant, qui refuse toute concession à l’auditeur et préfère lui rentrer dedans plutôt que de lui tendre la main. C’est à prendre ou à laisser. Une expérience de prime abord éprouvante pour les oreilles non averties, certes, mais salutaire pour qui aime un rock suffisamment imprévisible pour ne jamais tourner rond.

