TEST – BOSS IR-2

Avec son IR-2, qui offre l’opportunité de s’éclater grâce à 11 amplis et enceintes virtuels réunis dans une seule pédale, le fabricant japonais affirme que désormais, il faudra aussi compter avec lui dans ce domaine. 

Il en aura fallu du temps avant que Boss se décide enfin à s’attaquer de front au monde de la reproduction de sons d’amplis et d’enceintes en utilisant la technologie de la réponse impulsionnelle. Son premier véritable produit du genre (on ne parle pas des émulations utilisant son système Aird disponible sur ses récents multi-effets qui nous a jusqu’alors peu convaincus), l’IR-200, est sorti en début d’année 2022. Deux ans plus tard, voici une version plus petite et allégée (moins chère, au passage) qui débarque sur le marché. Son nom : IR-2, une sortie qui fait écho à celle de la ToneX One. Cette pédale parlera à tous les musiciens connaissant la marque, puisqu’elle adopte le célèbre format compact qui l’a rendue si célèbre. Et c’est fou ce que la marque japonaise a réussi à placer dans un espace aussi réduit : une entrée instrument, deux sorties, une entrée pour un footswitch supplémentaire (changement de canal), une boucle d’effet, une prise casque et une connexion USB. Pas mal, non ? Reste le menu proposé par cette machine pleine de surprises : 11 types d’amplis (avec leurs enceintes dédiées), un Gain, un Level, une égalisation à trois bandes et un réglage Ambience (en gros, une Reverb), le tout disposé sous la forme de potards concentriques, comme Boss sait si bien les faire, même si tout le monde n’est pas toujours fan de ces réglages pas toujours faciles à manipuler. Les amplis proposés sont les suivants : Clean, Twn, Tweed, Diamond, Crunch, Brit, Hi-Gain, Sldn, Brown, Modded, Rfier. Des noms qui parlent automatiquement à tout amateur de grands standards. Les réponses impulsionnelles d’enceintes qui accompagnent chaque type d’ampli ont toutes été réalisées par Celestion Digital.

L’appât du Gain
En testant les différents sons, un premier constat s’impose : l’IR-2 va carrément plaire aux amateurs de son velus. Car c’est dans ce domaine qu’elle excelle, ne le cachons pas. Attention, cela ne veut pas dire que le reste des sonorités n’est pas à la hauteur, mais le menu parle déjà de lui-même. Côté sons clairs, c’est sympa, mais un petit peu froid (surtout la position Clean). Les types Fender sont un peu plus chaud, mais sonnent mieux quand on les booste avec une autre pédale. Le Diamond (son à la Vox) tient la toute, même si on s’attendait à un peu plus de caractère, surtout quand on connaît le rendu de l’excellente BC-2 sortie à l’époque. Quand on passe au sons un peu plus énervés, la position Crunch reste honnête, mais un peu raide. En revanche, le mode Brit est énorme. Voilà un crunch de type Plexi qui démonte tout. Côté sons musclés, en dehors du son Soldano (SLDN) très piquant et désagréable, les quatre autres s’en sortent très bien, avec un mode Brown qui rend fort bien hommage à Eddie et un Rectifier épais à souhait. À l’instar de la ToneX One, le fait d’appuyer sur le footswitch vous fait passer d’un ampli à l’autre comme sur un modèle à deux canaux (si vous restez plus longtemps, vous éteignez la pédale). C’est pratique, rapide à prendre en main et surtout, avec un menu de 11 amplis déjà prêts à être utilisés, cela évite de penser à la solution informatique, encore plus si vous jouez sans ampli. Boss n’a peut-être sorti la pédale ultime dans ce domaine, mais l’IR-2 se défend très bien grâce à une connectique complète.

Photo : © Olivier Ducruix

Caractéristiques

  • Type : pédale pour empreintes d’amplis et d’enceintes avec logiciels
  • Contrôles :  Vol/Gain, Bass/Gate, Mid/Comp, Treble/Reverb
  • Connectique : Input, Output (possibilité mono, stéréo ou casque), USB-C
  • Dimensions : 73 x 129 x 59 mm
  • Poids : 0,45 kg
  • Origine : Malaisie
  • Prix : 209€
  • Contact : www.boss.info/fr

Du plus bel effet
Si chacun peut discuter autour des sons de l’IR-2, la présence d’une boucle d’effet est indiscutablement un plus, surtout sur un effet de cette taille. Nous y avons branché la Reverb RV-200 et avons pu bénéficier du son embelli par cette dernière, tout en profitant des différents « canaux » saturés proposés. Le rendu fut au top. En revanche, le logiciel de gestion de la pédale est en fait un simple pont pour placer d’autres enceintes virtuelles dans la pédale sans d’autres véritables options (pas de bonus pour la section ampli, par exemple). Enfin, on peut, et c’est important, désactiver les enceintes, ou au contraire n’utiliser que ces dernières (l’IR-2 devient alors un catalogue de réponses impulsionnelles sans la section amplis). La manipulation est assez fastidieuse et demande de débrancher la pédale tout en ayant placé certains potards dans une position particulière, puis de réaliser sa sélection avec les mêmes potards une fois la pédale rebranchée. Pas facile donc… Gardez le mode d’emploi (en PDF) non loin de vous.

Matériel utilisé pour les samples audio
– Epiphone Les Paul LP-100 (1994)
– Vintage V6 Icon Distressed Boulevard Black (2017)
– Boss IR-2
– ISP Decimator
– Interface Audio : Zoom R16