Avec “VEPR“, Dragunov a clairement basculé dans une autre dimension. Le duo masqué de post-metal instrumental nous en dit plus sur ce troisième album puissant ô combien réussi.
Dragunov
Dragunov, c’est l’histoire de deux potes qui voulaient simplement faire de la musique sans prise de tête. Tout commence en 2013 à Rennes. En colocation, nous nous éclations avec un sniper airsoft (réplique factice d’arme à feu célèbre qui propulse des petites billes de plastique, ndr) en se disant qu’un jour, si nous faisons un groupe ensemble, il s’appellera Dragunov (fusil de précision russe choisi par l’URSS en 1963 pour équiper ses tireurs d’élite, ndr). Puis, direction Paris, où les premières répétitions ont eu lieu. Nous nous lançons alors dans un style post-metal, influencé par plein de sonorités différentes, sans même imaginer que nous ajouterions du chant (Seb, le guitariste, était dans le groupe instrumental Abysse, alors forcément…). Et voilà, l’entité Dragunov était née ! Aujourd’hui, le groupe en est à son troisième album et à sa centième date de concert, prêt à conquérir le monde.
Duo
Être un duo rend tout tellement plus simple : les répétitions, les décisions, la composition, le matos… Ah non, pas forcément le matos… En fait, nous avons un sacré bordel à déplacer ! Nous sommes super potes, ce qui fait que l’alchimie entre nous deux coule de source et ça se ressent à fond en live. Cette symbiose est vraiment palpable. En gros, nous sommes comme un couple qui part faire de la musique ensemble (rires). Bien sûr, à deux, c’est plus brut sur scène que si nous étions quatre, mais justement, ça apporte une touche d’originalité et ça surprend un peu plus le public.
Ukraine
Dragunov est un nom assurément russe, même si nous n’avons absolument rien à voir avec la Russie. Dès le 24 février 2022 (date marquant le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ndr), nous avons voulu nous démarquer afin de ne pas nous laisser entraîner dans la spirale russe et être pris à partie par rapport au nom du groupe. Nous avons donc rapidement publié un communiqué de presse en 2022, en expliquant que le groupe n’avait radicalement aucune portée politique ni implication ou lien avec la Russie.
Plus le temps avançait, plus la guerre s’enlisait, plus notre troisième album avançait. Nous avons donc décidé de prendre à contre-pied toute l’histoire de Dragunov et son lien avec la Russie en conceptualisant “VEPR“ autour de l’histoire de l’Ukraine, tout en gardant ce côté martial et froid que nous avions sur les albums précédents. Aujourd’hui, avec le recul, nous sommes vraiment contents d’avoir choisi d’aborder ce conflit de cette manière et, au final, d’avoir fait preuve d’un petit engagement politique. SLAVA UKRAINI !
Masques
Nous allons forcément parler de nos masques à gaz. Même si Dragunov n’est pas un groupe masqué comme Slipknot, ces masques nous ont vraiment permis de créer notre propre univers, inspiré de l’ancienne URSS, avec ses guerres et autres événements chimiques. Ça a aussi ajouté un côté mystérieux à nos deux entités. Nous les portons au début de notre set pour inviter le public à entrer dans notre monde, mais ensuite, nous les enlevons pour deux raisons : d’abord, parce que c’est un peu étouffant ! Et ensuite, parce que nous privilégeons le contact avec le public, les masques devenant une barrière pour transmettre notre énergie et notre plaisir de jouer.
Guitare
(Seb) Il n’y a qu’une seule guitare pour accompagner la batterie dans Dragunov, c’est ce qui fait notre spécificité en tant que duo, un peu à la manière de Mantar, Royal Blood, etc… Du coup, il faut vraiment réussir à sonner gros en étant tout seul, même si la batterie de Tristan atteint déjà des sommets avec ses 110 décibels (rires). J’ai donc bossé sur mon son en montant tout un système digne d’un véritable geek. Je joue sur un ampli guitare et un ampli basse en même temps pour couvrir un large spectre sonore et obtenir ce son bien gras (avec une ribambelle de pédales). Et pour rendre tout ça encore plus fat, je joue en Drop B sur une Ibanez Iceman HR Giger (avec le design des films Alien) et une LTD Phoenix Black Metal. L’idée est d’avoir un son vraiment massif et lourd, et de faire oublier aux spectateurs que nous ne sommes que deux, tout simplement.
Photo : © Shoes Photo

