Dans son nouvel album “Bakeneko“, Stone From The Sky explore un post-metal envoûtant, loin du stoner de ses débuts. Florent Sicard, le guitariste du trio manceau, nous parle du matériel qu’il utilise pour construire un voyage sonore – toujours instrumental – intense et atmosphérique.
Guitares
Avec Stone From The Sky, j’utilise deux guitares vu que je joue avec deux accordages différents depuis le nouvel album. Auparavant, tous les morceaux étaient en drop D. Mais depuis “Bakeneko“, tous les nouveaux titres sont pour moitié soit en Drop D, soit avec un accordage un peu particulier, que j’appelle « Neurosis » : c’est un accordage standard, mais avec la corde de Mi grave accordée en La.
Ma guitare en Drop D est une Gibson Flying V Faded de 2005, qui a été largement modifiée. Je l’avais échangée contre une LTD H400, achetée une misère, quand j’étais en stage dans un magasin de musique sur Brest en 2010. Je m’ennuyais pendant le Covid et j’ai donc décidé de modifier toutes mes grattes à ce moment-là. Je l’ai démontée, poncée, teintée en noire transparent, puis huilée avec une huile dure pour parquet. J’ai envoyé le pickguard et la plaque de truss rod à mon ami Maxime de Heavy Seas (qui fait de magnifiques baffles et pedalboards) pour qu’il m’en fasse un nouveau en bois, avec une gravure au laser dessus. Question électronique, je n’ai aucun potard branché sur mes guitares : c’est micro, sélecteur, puis jack. Concernant les micros, ce sont des DiMarzio, un Super Distortion en position chevalet et un 36th Anniversary en position manche.
La guitare avec l’accordage « Neurosis » est une Ibanez ST70 de 1981. J’ai toujours adoré ces guitares et j’en ai enfin acheté une il y a quelques mois. Ce sont des guitares exceptionnelles, mais vendues très peu chères. Sur celle-ci (outre les potards qui ne sont pas branchés), j’ai uniquement modifié le micro manche. Les deux micros étaient des Ibanez V2 d’origine. C’est un modèle très proche du Super Distortion de chez DiMarzio. J’ai juste fait rebobiner celui en position manche par FBS Music, en Isère. Comme ça, je garde l’esthétique d’origine de l’instrument, mais avec un micro moins puissant en position manche, le Firestone de chez FBS Music.
Amplis
Niveau amplis, je joue en stéréo depuis “Bakeneko“. D’un côté, une tête Sound City 120 de 1974 que j’ai faite complètement modifier. Je l’ai achetée il y a une quinzaine d’année à un Anglais, du côté de Poitiers. Il l’avait acquise à Manchester, dans les années 80. Le préampli est celui d’un Hiwatt Custom 100 et la partie puissance est celle d’origine, mais en 100W au lieu de 120. J’ai aussi modifié l’esthétique : elle était dans un sale état, repeinte à la bombe de peinture. J’ai enlevé le Tolex, je l’ai poncée, teintée avec une teinte acajou, puis huilée. Elle est branchée à 4×12 Marshall 1960BX, avec des Celestion Greenbacks.
De l’autre côté, je joue sur un combo Fender Hot Rod Deville en 2×12. J’ai remplacé les haut-parleurs d’origine par des WGS ET65 et WGS Retro 30.
J’utilise les deux tout le temps ensemble et uniquement en son clair. Je souhaite à l’avenir passer le combo en tête d’ampli et lui ajouter un 2×12 Old Tree et acheter un 4×12 Old Tree pour aller avec le Sound City. Yann, de chez Old Tree, est quelqu’un que j’apprécie beaucoup, et son travail est exemplaire. J’ai pu jouer plusieurs fois sur ses baffles et c’était un plaisir !
Effets
Pour ce qui est des effets, j’ai une pédale d’Overdrive Mazzette Lowerdrive (ou Robert Drive, elle a changé de nom au cours du temps) depuis une quinzaine d’années. Elle est tout le temps sur On. C’était un petit fabricant basé dans le sud de la France, j’espère ne jamais la casser parce que je ne sais vraiment pas par quoi la remplacer !
Sinon, j’ai une pédale de volume Dunlop DVP1, un accordeur Korg Pitchblack, un Chorus Lichtlaerm Audio Nostalgia, un Octaver T-Rex Quint, un Delay Reverse Danelectro Backtalk, un Delay Strymon El Capistan, une Reverb Caroline Guitar Company Météore, une EarthQuaker Devices Afterneath, un Boost fait maison type Electro-Harmonix LPB-1, la monstrueuse Collision Devices Crushturnal, qui est un mix entre un Delay, une Reverb de l’espace et un séquenceur !
Niveau disto, j’ai joué pendant de nombreuses années sur une Fuzz faite maison, basée sur une Big Muff Civil War, avec pas mal de modifications, dont un potard pour les médiums. Pour “Bakeneko“, j’avais envie de changer de son. Désormais, je joue sur une Non Human Audio Unclean que j’adore. Au final, je sépare juste mon signal en deux, avec une Lehle P-Split III. J’attends aussi des composants pour fabriquer une Mask Audio Yes! qui finira peut être sur mon pedalboard d’ici quelques temps !
Et pour les puristes, tout est à l’envers : j’utilise toutes mes saturations après mes pédales de Delay et celles de Reverb, et c’est parfait comme ça !
Photo : © Insane Motion

