Ce nouvel album de Stone From The Sky est assurément celui du changement. D’abord parce qu’un nouveau batteur est arrivé dans l’équation depuis la sortie du phénoménal “Songs From The Deepwater“, sans parler de cette récente signature sur le très actif label italien Argonauta Records. Ensuite parce que le trio a décidé d’appréhender différemment sa musique en s’émancipant quasi complètement de ses influences stoner/desert-rock. Si l’ensemble est toujours dénué de chant et qu’on y trouve encore quelques effluves psychédéliques prononcées des précédentes réalisations, “Bakeneko“ foule allègrement les platebandes d’un post-metal envoûtant et lourd souhait, voire post-rock pour les moments d’accalmie, que l’on rapprochera de celui défendu par Russian Circles et Pelican.
À l’image du yōkai (terme désignant des phénomènes anormaux et/ou des créatures surnaturelles aux formes multiples dans la culture japonaise) de la pochette, ce quatrième long format des Manceaux est autant intriguant que fascinant. Depuis ses débuts en 2012, Stone From The Sky maîtrise à merveille l’art des explosions soniques, épaissit ses morceaux de multiples couches de Fuzz et de Reverb pour mieux les déshabiller l’instant d’après. Une sorte de grand huit sonore qui vous emmène dans un voyage plein de rebondissements, avec le sentiment, une fois la fin brutale du puissant et bien nommé Last Breath Before The End arrivée en guise de conclusion, d’avoir vécu un grand moment. La parfaite bande-son pour accompagner l’heure du crépuscule, lorsque le jour et la nuit sont encore indiscernables. Magique !

