Condensé de haute volée d’un classic-rock aux forts accents heavy-blues tout droit sorti des années 70/80, “Heritage Blend“ est le premier album du groupe Armellino, un projet monté par deux guitaristes hors pair : Vincent Martinez et Yann Armellino. Ce dernier nous dévoile les cinq albums qui ont marqué son parcours musical et façonné son incomparable jeu de guitare.

KISS
Destroyer
Je suis devenu musicien grâce ou à cause de ce groupe, nous sommes assez nombreux dans ce cas-là. Je dois avoir dans les 12 ans, je vais chez un copain qui me sort deux vinyles : “Destroyer“ et “Unmasked“ de Kiss. J’ai tout de suite flashé sur les pochettes, vient ensuite l’écoute et là… Waouh ! J’ai un souvenir assez précis de la sensation, un truc qui me retourne complètement et qui devient presque obsessionnel. Cet album comporte des hymnes tels que Detroit Rock City, God Of Thunder ou encore Shout It Out Loud. J’ai adoré la production assez léchée de Bob Ezrin, le groove énorme sur Do You Love Me, les guitares magiques de Ace Frehley. Ma devise de l’époque (quand j’étais jeune et con) : Kiss est, le reste n’est pas.

HANOI ROCKS
Two Steps From The Move
Une autre production de Bob Ezrin ! Encore une fois, c’est en premier lieu la pochette qui a attiré mon attention, j’avais 13 ans lors de sa sortie. Moins « garage » que les précédents disques du groupe, “Two Steps“ est un parfait compromis entre le glam-rock et le classic-rock. Michael Monroe a une fragilité dans la voix qui m’a toujours beaucoup touché. La reprise de Creedence Clearwater Revival est incroyable (Up Around The Bend, ndr). Il sera malheureusement le dernier avec Razzle décédé peu de temps après la sortie. Pour moi, cet album a été la porte d’entré vers tous les autres groupes de glam de l’époque, avec Poison, Cinderella, Mötley Crüe, etc… Il est encore une référence pour de nombreux musiciens, dont Guns N’ Roses. Ce groupe aurait mérité de devenir énorme.

VAN HALEN
OU812
Deuxième album avec Sammy Hagar… Gros coup de cœur dès sa sortie, un son et un touché inimitable. Le groove d’intro du premier titre, Mine All Mine, annonce la couleur. Frisson ! Le gros riff de Cabo Wabo, la partie de tapping de Source Of Infection, l’acoustique sur Finish What Ya Started : un sans faute. Je ne suis pas objectif concernant Eddie Van Halen, il est celui qui a le plus compté dans mon apprentissage de la guitare (avec Ace Frehley). J’aime autant la période avec David Lee Roth que celle avec Hagar, sans oublier le sous estimé “III“, avec Gary Cherone. L’annonce du décès d’Eddie Van Halen a été un gros choc, un peu comme si j’avais perdu un parent proche…Rares sont les jours où je ne m’écoute pas un Van Halen.

CHRIS WHITLEY
Living With The Law
Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai écouté cet album. Chris Whitley a été touché par la grâce sur ce disque. La production de Daniel Lanois est de toute beauté et n’a pas pris une ride. Niveau compositions, Chris Whitley navigue entre le blues et la pop. Il savait faire pleurer son Dobro et m’a fait verser ma petite larme à l’écoute de ce magnifique album. Difficile de rester insensible au climat nostalgique du titre Big Sky Country et à la superbe mélodie de Poison Girl, un vrai voyage émotionnel. Mieux que les mots, courez l’écouter, si possible au casque ou sur de bonnes enceintes. Servez vous un single malt et appréciez. Un écorché vif parti bien trop tôt.

TINA DICO
In The Red
J’ai découvert Tina Dico il y a quelques années. De mémoire, c’était une suggestion de YouTube ou Spotify. Comme quoi, même si je suis en désaccord total avec la rémunération allouée aux artistes, ces plateformes peuvent nous faire découvrir de belles choses… J’ai tout de suite été séduit par la voix et les compositions de cette chanteuse/guitariste danoise. Elle a un vrai univers et un sens de la mélodie assez unique. En général, j’aime être surpris par ce que j’écoute, je ne suis pas franchement client de trucs trop attendus. Avec cet album, j’ai été servi : un vrai talent d’écriture que la production de l’anglais Chris Potter met en valeur. C’est le genre de disque que j’aurais aimé pouvoir faire…
Photo : © 311mph

