Josh Homme a beau avoir le chic pour transformer ses démons en chansons, encore faut-il que le résultat final soient à la hauteur. Chez lui, les états d’âme ont plutôt tendance à se régler à coups de riffs acides, de rythmiques boiteuses et de mélodies qui vous sourient avant de vous planter un couteau dans le dos. Après le bien trop policé “Villains“, dont les tentations pop – du moins en termes de production – avaient sur la longueur fait chou blanc, Queens Of The Stone Age revient aux affaires avec un huitième album plus rêche et moins soucieux de séduire à tout prix. Tant mieux.
Avec “In Times New Roman…“, les protagonistes ne prétendent aucunement retrouver la fièvre des débuts ni jouer les vieux briscards en pèlerinage dans le désert. La formation américaine préfère faire l’inventaire de ses obsessions, en puisant dans les différentes strates d’une discographie autant homogène que qualitative. Les ombres de “Lullabies To Paralyze“, d’“Era Vulgaris“ et de “…Like Clockwork“ s’invitent ainsi dans un ensemble autrement plus accrocheur que son prédécesseur : guitares râpeuses, détours obliques, groove nonchalant et mélodies à double fond composent un cocktail qui ne manque ni de corps ni de personnalité.
Queens Of The Stone Age retrouve ainsi ce qui le rend précieux, cette façon de faire cohabiter élégance sournoise et charme vénéneux, et prouve définitivement qu’il reste plus captivant lorsqu’il mord que lorsqu’il tente de minauder.

