JAYE JAYLE – Don’t Let Your Love Life Get You Down – (Pelagic Records)

Après l’étrange parenthèse “Prisyn“, disque cotonneux où les claviers avaient pris le pouvoir et brouillé les pistes, Jaye Jayle – projet solo d’Evan Patterson – remet les guitares au premier plan. Pas question pour autant de revenir à une forme de classicisme. Les synthés sont toujours là, tapis dans l’ombre, mais ils servent désormais des paysages sonores où les cordes étirent de longues nappes crépusculaires et hypnotiques, souvent construites sur la répétition.

Le disque avance à pas feutrés, préférant installer une tension diffuse plutôt que de chercher l’impact immédiat. Patterson chante comme s’il murmurait ses confessions au fond d’un bar désert, quelque part entre un Nick Cave en costume de crooner fatigué et des Spacemen 3 débarrassés de leurs paradis artificiels. Une esthétique du clair-obscur qui fonctionne souvent à merveille, même si l’on aimerait parfois que l’Américain desserre un peu l’étau et laisse ses compositions s’abandonner davantage à l’imprévu. Cette retenue permanente finit pourtant par faire partie du charme, celui d’un disque qui préfère envoûter plutôt que de séduire à tout prix.