COWARD KILL COWARD – I Am Not A Fighter, I Will Fail (HPGD Productions)

Chez Coward Kill Coward, l’échec n’est pas une possibilité, c’est une destination (le présent long-format relate une histoire sombre de lutte intérieure et de sentiment d’infériorité). Cinq morceaux, près d’une heure, et la sensation persistante d’assister à l’effondrement méthodique d’une structure déjà condamnée. Le trio du New Jersey transforme le sludge en matière toxique, compacte, industrielle, qu’il maltraite jusqu’à faire émerger des formes difficilement identifiables.

Les riffs rampent à la vitesse d’un enterrement, noyés sous des couches de noise anxiogène, tandis que les vocaux, entre éructations black-metal et hurlements déshumanisés, semblent provenir d’un sous-sol dont personne ne devrait posséder la clé. Primitive Man, Godflesh, Sumac et Swans apparaissent en filigrane, mais Coward Kill Coward ne se contente jamais de jouer les élèves appliqués. Il broie ces influences pour en extraire une pâte encore plus visqueuse. Please I’m Trying My Hardest I Swear, Come Down ou le terrifiant Tired en conclusion, long de près de vingt-quatre minutes, refusent toute forme de confort ou de résolution.

Sludge indus (?) passé dans un broyeur pour déchets toxiques, “I Am Not A Fighter, I Will Fail“ tient autant du disque que de l’épreuve d’endurance. Ultra exigeant, définitivement expérimental et totalement dépourvu de concession, il ne s’adresse évidemment pas aux oreilles sensibles. Les autres peuvent entrer dans cet univers noirâtre et oppressant. À leurs risques et périls.