KULK – Choosing To Die – (Church Road Records)

“Choosing To Die“, le nouvel album de Kulk n’est pas du genre à prendre des pincettes. Il préfère défoncer les portes, renverser les meubles et vous laisser dans un coin à compter vos dents. Après le EP “It Gets Worse“ (2024), aussi solide qu’exigeant, Thom Longdin (chant/guitare) et Jade Ashleigh Squires (batterie) remettent le couvert avec neuf morceaux de sludge mutant et de noise abrasive. Dès la fin de la première écoute, le constat est sans appel : le duo anglais est capable de produire un impressionnant volume sonore que même la plupart des quatuors et quintettes – tous styles confondus – peineraient à égaler. Vous êtes prévenus.

Chez Kulk, la guitare en prend pour son grade. Elle racle, lacère et s’effondre en paquets de feedback et autres larsens, tandis que la batterie cogne avec la précision d’un chantier de démolition. Les influences de Godflesh, de Fudge Tunnel – le versant punk en moins – flottent quelque part dans cette boue sonore, celle d’un sludge maladif et chaotique aussi, mais le duo possède surtout cette capacité rare à transformer le vacarme en armes de destruction massive (uniquement pour vos tympans, rassurez-vous). We’re Worried About You, Being Forgotten, The Take Life – et bien d’autres titres encore – avancent ainsi comme des bulldozers sans freins, entre riffs disloqués, rythmiques écrasantes et vociférations venimeuses.

Mais “Choosing To Die“ sait aussi ouvrir des failles dans son propre mur de bruit. The Saddest Holiday (dans sa seconde partie), ou encore Ache, ralentissent la cadence et laisse filtrer une étrangeté presque fantomatique, preuve que derrière la violence se cache une vraie science de la tension. Kulk frappe juste, maîtrisant à merveille cet équilibre instable entre puissance physique et décomposition émotionnelle.

Brutal, crasseux, imprévisible et constamment au bord de l’implosion, “Choosing To Die“ ne cherche jamais à séduire. Il préfère vous broyer. Et, en toute honnêteté, on en redemande.