Il y a des accointances qui ne trompent pas. Lorsque Juan Montoya (ex-Torche, MonstrO) et Evan Diprima (ex-Royal Thunder, Gold Pyramid) ont décidé de s’entourer de Zach Amster, chanteur et guitariste d’Abrams, pour donner une nouvelle impulsion à leur projet, difficile de ne pas saliver à l’avance. Et “OMNI“ confirme rapidement que cette association avait du sens. Plus direct et globalement enlevé que “She Walks By Moonlight“, ce deuxième album taille dans le vif sans renoncer aux échappées psychédéliques et aux atmosphères cotonneuses qui faisaient le charme de son prédécesseur. Mais le groupe a cette fois-ci décidé de muscler un peu plus son jeu.
Dès Invasion, les guitares épaisses de Montoya et Amster déroulent un post-hardcore robuste, traversé de relents grunge et de mélodies immédiatement accrocheuses. Pas question pour autant de se contenter d’un simple exercice de style. Derrière les riffs qui cognent, Moon Destroys soigne ses arrangements, laissant parfois quelques parties discrètes de synthés ouvrir des brèches plus aériennes. My Eyes et Motion Sickness jouent ainsi sur ce contraste permanent entre lourdeur et luminosité, tandis que Flowers et Kingdom rappellent, par leur puissance compacte et leurs harmonies vocales, pourquoi l’ombre de Torche plane naturellement sur ces compositions. On oubliera pas également le petit clin d’œil savamment appuyé à The Cult dans l’intro de Sowing Stars.
Mais “OMNI“ gagne surtout en personnalité lorsque le groupe ralentit le tempo. Lost Hearts suspend brièvement le temps dans un nuage de guitares et de claviers, avant que She Cried (reprise d’un titre du début des années 60, ici inspirée par la version de Rowland S. Howard de The Birthday Party) ne referme l’album sur une note autrement plus poignante. Enregistré par Diprima puis mixé et masterisé par le talentueux Mario Quintero (Spotlights, Sisters, Molly McGuire), le disque bénéficie d’un son ample et épais, mais parfaitement lisible. Une réussite qui démontre que Moon Destroys peut désormais regarder ses influences dans les yeux sans jamais leur servir de simple miroir.

