Un batteur s’en va, un autre débarque, et voilà Godzilla In The Kitchen qui rebat toutes ses cartes. Après deux albums instrumentaux, le trio de Leipzig revient avec un nouveau frappeur de fûts, Thiago Presto, mais surtout une voix, celle du bassiste Simon Ulm, qui transforme cette crise de croissance en véritable renaissance. Plus qu’un simple ajout, le chant, rugueux et expressif, réinvente l’approche artistique de la formation allemande et donne aux compositions une saveur aussi différente qu’inédite, un habile mélange de ferveur, de rage et de mélodie. Les riffs de guitare sont bien charpentés, les lignes de basse imposent leur poids, la batterie apporte un dynamisme qui relance constamment les morceaux et les arrangements prennent leur temps avant de resserrer l’étau.
Entre Mastodon pour les guitares massives et les tensions entre mélodie et agressivité, Tool pour les constructions rythmiques, sans oublier Druids pour cette façon de faire cohabiter lourdeur et envolées progressives, le groupe cultive un heavy-rock progressif qui ne confond jamais complexité et démonstration, avec des racines stoner et psychédéliques qu’on devine plus ou moins sous la couche résolument métallique de l’ensemble.
Nourri par un monde qui tourne de plus en plus mal et des inquiétudes qui en découlent, “Termination Sequence“ gagne aussi en portée grâce à des textes qui ne se contentent pas de meubler les interstices. Dense et puissant, sans pour autant faire l’impasse sur les nuances, ce troisième album sonne comme une seconde naissance. En repensant son équilibre, Godzilla In The Kitchen a trouvé une nouvelle voix (voie ?), et pas franchement pour murmurer.

