Avec “The Emperor Of Loss“, digne successeur de “The Shining Son“ (2023), Appalooza continue de tracer sa propre route balayée par des tempêtes heavy-rock et des bourrasques venues tout droit de Seattle. Dans ce quatrième long format, les amateurs de Fuzz y trouveront assurément leur compte : les riffs de guitare donnent régulièrement dans l’épais, mais ils n’empêchent en rien de laisser respirer les morceaux. Appalooza a su trouver le juste milieu, jouant avant tout sur la tension, entre gros son, envolées épiques et passages plus aériens. Et si le fantôme d’Alice In Chains planent dans certaines secondes voix ou que celui de Tool peut surgir subrepticement lors de quelques discrètes incursions dans l’univers du rock progressif, le trio breton n’a nul besoin de se cacher derrière ses influences. Il avance droit, sûr de son fait, et ça s’entend.
Certains titres claquent comme des hymnes immédiats, d’autres demanderont un peu plus de patience pour mieux cerner leur(s) richesse(s), mais l’ensemble fonctionne comme une fresque sonore d’un seul tenant, avec une volonté de raconter une histoire sans avoir besoin d’articuler des chapitres clairs. La trame générale respire la noirceur, c’est indéniable. Logique quand le concept – puissant – du présent disque dépeint, selon les protagonistes, « le parcours tortueux d’une femme confrontée au syndrome de Stockholm, prise dans les griffes de son persécuteur. » Vous l’aurez compris, pour le fun, il vous faudra frapper à une autre porte. Ce qui prime avant tout au travers des neuf morceaux (huit + un en bonus), c’est l’énergie qui les habitent, qu’elle soit sans ambages ou plus introspective.
Avec “The Emperor Of Loss“, Appalooza réalise un album dense et savamment maîtrisé, franchissant une nouvelle étape dans sa carrière, et pas des moindres, dans un style pourtant déjà bien balisé. Oui, Appalooza continue de tracer sa route toujours avec passion et sincérité. On vous souhaite vivement de la croiser lorsque les trois compères passeront près de chez vous.

