JOHNNY IRION – Sleeping Soldiers Of Love – (Blackwing)

Enfin sorti en France environ un an après sa mise en bacs au Pays de l’Oncle Sam, l’album de Johnny Irion arrive à point nommé pour vous bercer de sa douce mélancolie et de son élégance folk et americana (mais pas que). Un disque qui aura connu un processus de création ralenti… Mais ça en valait la peine. Johnny Irion n’est pas n’importe qui. Petit-neveu de John Steinbeck (oui, oui, le Steinbeck qui a écrit “Les Raisins de la colère“ et remporté le Pulitzer), marié pendant 15 ans à Sarah Lee Guthrie (fille d’Arlo, petit-fille de Woody) avec qui il forma un duo pendant de longues années, Irion a, comme de nombreux artistes, galéré malgré sons envie d’avancer quand est survenue la pandémie de 2020. Son idée d’un album au caractère plus cinématographique aura mis plus de temps que prévu à se mettre en place.

Non content de profiter du sens aigu du songwriting de son auteur, “Sleeping Soldiers Of Love“ a la chance de bénéficier du passage en studio de prestigieux musiciens tels que Mike Mills, bassiste de R.E.M, Pat Sansone (Wilco, Andrew Bird…) ou Jeff Bridges (n’oublions pas que l’acteur est aussi musicien) venus apporter leur pierre à l’édifice. En résulte un disque magnifique dont certains passages évoquent le “Harvest“ de Neil Young (Sleeping Soldiers Of Love, Vinces Prayer), qui s’accorde une parenthèse aussi rock que rugueuse (Black Hoe Daddy) et intègre quelques moments plus country (We Stood Up For It) avant de s’achever sur un air de piano (et de violon) plus apaisant grâce au très joli Mountain Reprise et ses faux airs de générique de fin d’un film qu’on envie de revoir très rapidement, tout comme on relancera cet album envoûtant à plus d’un titre.