PORCELAIN – Today’s Minor Victories – (Todo)

Avec son deuxième album, Porcelain prouve que l’héritage du rock alternatif des années 90 n’a pas besoin d’être réanimé à coups de nostalgie pour continuer à foutre le boxon. Originaire d’Austin, le quatuor préfère en reprendre les instincts les plus sauvages via des guitares abrasives, des rythmiques sous tension, des structures savamment accidentées et un goût prononcé pour la dissonance. Le post-hardcore y perd ses derniers réflexes disciplinaires, bousculé par de régulières saillies noisy qui évoquent autant les débordements d’Unwound que les guitares en vrac de Sonic Youth, voire à la mélancolie de Kerosene 454 – mélancolie que certains aficionados du genre appelleraient « emo » – lorsqu’elle débarque sur les deux derniers titres (dont le splendide et bien nommé Closure). En résumé, toute cette scène américaine du siècle dernier qui préférait les aspérités aux refrains calibrés.

Mais Porcelain ne se contente pas d’aligner les signes de reconnaissance d’une époque bénie des amateurs de guitares mal élevées. Le groupe possède suffisamment de personnalité pour faire de cette filiation un véritable langage, nerveux, imprévisible et parfaitement contemporain. “Today’s Minor Victories“ ne cherche donc pas uniquement à ressusciter les années 90, mais rappelle aussi que l’esprit frondeur de cette époque (et de ce style de musique en particulier) reste vivant lorsqu’on cesse de le traiter comme une pièce de musée.