PLAGUE VENDOR – By Night – (Epitaph)

Il y a des disques qui cognent et d’autres qui brûlent. Bonne pioche, “By Night“ fait les deux, qui plus est avec un sourire carnassier. Le troisième album de Plague Vendor ne cherche jamais à réinventer le rock’n’roll, il préfère lui rendre son venin. Quelque part entre les déhanchements malsains du post-punk et la crasse jubilatoire du garage-rock, le quatuor californien joue comme si chaque morceau devait être le dernier avant la fermeture des portes d’un club moite et sombre.

Au milieu de cette décharge électrique, Brendon Blaine mène la danse en prédicateur possédé. Son chant, habité et nerveux, semble prêt à exploser à chaque instant, tandis que les guitares lacèrent l’air avec une élégance sauvage. Tout au long de “By Night“, une odeur de soufre flotte au-dessus des chansons, mais elle n’étouffe jamais l’auditeur. Au contraire, cette tension presque palpable qui alimente les dix brûlots du présent long format se transforme régulièrement en pulsation dansante, presque lascive, comme sur All Of The Above ou Prism, où les jambes (et les hanches) prennent le relais des poings.

Avec “By Night“, Plague Vendor rappelle surtout une évidence que beaucoup semblent avoir oubliée : le rock est une affaire d’instinct avant d’être une démonstration de style. Pas de gras, pas d’artifices, seulement des chansons qui avancent tête baissée. Les meilleurs disques de rock ont toujours eu ce parfum d’accident imminent. Celui-ci ne fait pas exception.