Réussir à mélanger divers styles musicaux dans un même album sans donner l’impression de passer en revue une compilation Spotify en mode aléatoire n’est pas chose aisée. The Whirlings relève pourtant le défi avec aisance et un certain aplomb. Sur “Earthshine“, les Italiens naviguent entre space-rock, psychédélisme, post-rock et échappées stoner – plus ou moins marquées – sans jamais perdre le cap. Ici, les genres ne s’entrechoquent jamais, ils se dissolvent les uns dans les autres, comme autant de variations d’une même matière sonore.
Construit sur des dynamiques basées sur la patience et des climats en perpétuelle évolution, “Earthshine“ respire l’improvisation maîtrisée. Les morceaux prennent le temps de s’installer, d’étirer leurs textures avant de libérer des déferlantes aussi planantes que massives. Hypnotique sans sombrer dans l’auto-indulgence, aérien sans perdre de sa densité, l’album captive par sa capacité à faire voyager l’auditeur tout en suivant un fil conducteur singulier. Les amateurs de Dead Meadow y retrouveront cette même façon de faire léviter des riffs sous un épais nuage psychédélique, tandis que d’autres découvriront un disque riche et cohérent qui est bien plus qu’un simple exercice de style.

