TEST – TAMPCO DISTORTER

Trois sons en parallèle, dont deux saturations totalement différentes, la solution idéale pour se forger une identité sonore unique au moment d’amener du gain dans son enceinte. C’est la promesse tenue par la Tampco Distorter.

C’est sans nul doute une des marques françaises qui nous a le plus enflammés ces dernières années. Lancée par Rodolphe Puccio, qui continue de gérer son affaire tout seul comme un grand depuis son atelier, Tampco a marqué les esprits grâce entre autres à son incroyable Transparent Drive Tone Oven, sa multi-Fuzz All Bender et son Chorus The Twist. Notre homme aurait pu se contenter de dégainer une nouvelle saturation influencée par un grand classique ayant fait ses preuves. Trop facile… Cette fois, il a collaboré avec Nelson Martins, bassiste de Skip The Use, dans le cadre du développement de la Distorter, une pédale redoutable car hors des sentiers battus. Si on regarde très rapidement le boîtier, on aperçoit deux footswitches Fuzz et Drive. On pense alors à une pédale de type Dual Overdrive. Or, le concept de cette nouvelle arme va beaucoup plus loin. Car, s’il s’agit bien d’une multi-saturation, cette dernière possède une particularité qui change la donne : le placement des ces deux circuits en parallèle et non en série, ainsi que l’ajout du son clair (comme c’est souvent le cas sur de nombreuses saturations pensées pour les bassistes), lui aussi placé en parallèle. Contrairement à la majeure partie de ce type de produits où le son de la première saturation rentre dans le son de la seconde (en série), imaginez ici trois lignes parallèles dont on peut gérer à chaque fois le niveau de volume individuel pour réaliser la balance idéale. Et ça fonctionne aussi bien sur la guitare que sur la basse.

Drive me crazy
On a donc entamé les hostilités, guitare en main, avec le canal Drive. Les réglages sont les classiques Level, Tone et Gain. En conservant le Gain assez bas, on reste dans un drive élégant, dynamique et discret qui fera la bonheur des joueur de blues et des amateurs de sons chaleureux. Mais quand on augmente plus sérieusement l’affaire, à partir de la mi-course du potard, le son devient plus incisif. La vraie bonne sensation est la conservation de l’épaisseur et de la chaleur du son, même avec le gain à fond, qui ajoute un côté saillant à vos notes sans rendre le résultat nasillard. C’est massif au besoin et ce, grâce à l’excellente action du réglage Tone.

Fuzz me tender
La section Fuzz offre pour sa part une impressionnante polyvalence due à sa conception qui permet, grâce au réglage Bias et au petit switch de Voicing, de passer d’un son plus vintage avec effet Velcro (on pense par exemple à la Fuzz Face) à un rendu plus gros et rentre-dedans pas si éloigné que cela de la Big Muff pour l’esprit mur du son (en un poil moins boueux). Entre ces deux sons, un incroyable nombre de possibilités est envisageable. Rythmique à la Keith Richards, solo à la David Gilmour, rendu entre vintage et moderne pour se la jouer Jack White, mur du son en mode rock alternatif pur années 90 : tout a fonctionné. En dehors du Bias, redoutable, c’est bien entendu la réserve de gain et l’égalisation (aidée du switch pour choisir de creuser un peu plus les médiums ou de les mettre plus en avant) qui font le sel de cette saturation réussie.

Cumul des mandats
Reste donc la fameuse association des trois sons en parallèle, en sachant qu’on peut aussi s’amuser à en associer seulement deux : Fuzz/Drive, Fuzz/Clean, Drive/Clean. Imaginez les possibilités… C’est carrément génial de profiter à la fois du grain et de la précision de l’Overdrive et de la tenue de note de la Fuzz, le tout avec la sensation d’envoyer un son en 3D génial pour les solistes, le Clean aidant à gagner une certaine clarté au milieu de cette tempête de saturations (mais sans trop le pousser non plus pour ne pas qu’il prenne le pas sur les deux autres sons). En baissant le gain de la Fuzz, on obtient un super son de rythmique qui dépote, car mis en duo avec l’Overdrive (voire le Clean pour qui veut). Sachez en outre que pour les plus pointilleux, quatre petits dip-switches situés sous le capot aident à affiner le propos pour aller encore plus loin dans les sons produits (Fuzz Fat Tight, Clear Full/Hi Cut, Fuzz+Clear/Only, Drive+Clear/Only). La Distorter est une incroyable arme pour tous les guitaristes prêts à se lancer dans le bidouillage de potards et découvrir de vrais sons inédits.

Et les bassistes dans tout ça ?
N’oublions pas que que cette pédale d’effet a été conçue à la base pour un bassiste. Le fait est qu’elle fonctionne très bien sur une guitare. On a donc enquillé en toute logique avec une basse. Le rendu est tout simplement incroyable. Le duo Overdrive/Clean offre une puissance de feu redoutable, qui fait des miracles avec les registres plutôt modernes dans lequel on s’exprime au médiator. Le son de Fuzz fonctionne aussi bien avec le jeu aux doigts qu’au médiator, surtout quand on choisit le côté puissant et charpenté du son avec un sustain terrible à l’arrivée (et donc moins de Velcro qu’on gère avec le Bias). Encore une fois, carton plein. La marque française continue de nous séduire sans avoir besoin de nous faire une danse du ventre. Ses effets parlent pour elles, avec une efficacité et un résultat à la hauteur des promesses attendues.

Caractéristiques

  • Type : multi-saturations parallèles
  • Contrôles : Clear, OD : Level, Tone, Gain) / Fuzz : Level, Tone, Gain, Bias, Voice
  • Connectique : In, Out
  • Dimensions : 128 x 96 x 55 mm
  • Poids : 0,483 kg
  • Origine : France
  • Prix : 249€
  • Contact : https://palf.fr

Matériel utilisé pour les samples audio
– Epiphone Les Paul LP-100 (1994) : micro chevalet (Ex 1 et 3), micro manche (Ex 2)
– Ibanez EDC 705 (Ex 4)
– Tampco Distorter
– ISP Decimator
– Préampli / DI : IK Multimedia Z-Tone Buffer Boost
– Interface Audio : Zoom R16
– Two Notes Genome