Réunir un multi-effets, une interface audio-numérique et des réponses impulsionnelles d’enceintes dans un mouchoir de poche, c’est l’exploit réalisé par Eko et sa BAIO.
Avec un acronyme qui résume parfaitement son produit (Box All In One), la marque a voulu réaliser un pédalier à la fois minuscule, nomade et abordable. Il faut bien admettre qu’au premier coup d’œil, on est surpris par ledit objet. Imaginez trois footswitches, neuf potards, cinq connectiques (deux jacks, deux USB-C et une sortie casque) et le Bluetooth réunis dans une pédale aux dimensions incroyablement réduites (162 x 61 x 23 mm) pour un poids plume (260 gr). Tout ça pour moins de 100 euros…
À ce tarif, pas d’alimentation fournie, mais le câble USB-C nécessaire pour relier le BAIO à un bloc de ce type pour le recharger (on en a tous un quelque part chez soi, ne serait-ce qu’à cause des smartphones et autres produits connectés qu’on possède en général). Une fois la charge effectuée, on peut se trimballer partout avec ses sons préférés au creux de la main et une autonomie d’environ six heures.
Pour tous les goûts
Si son aspect multi-effets prend le dessus esthétiquement (nombre de potards et de footswitches sur la façade obligent), c’est surtout le côté émulation d’amplis et enceintes virtuelles qui marque les esprits. Car cette petite machine abrite pas moins de neuf préamplis et huit réponses impulsionnelles d’enceintes accompagnées de deux modulations, un Delay et une Reverb. Un menu largement suffisant pour s’éclater dans tous les registres avec les outils nécessaires. Côté amplification cela donne US Gold 50B, UK Gold Clean, Cali-MK3 Clean, Power-Zone Dist, Power-Zone Clean, US Gold 100, Cali JPA, Cali JPB, Gas Station Clean : des noms qui parfois, vous font hésiter (en général, UK va avec Mashall et Cali avec Mesa Boogie, mais un léger flou flotte parfois autour de certaines appellations).
Qu’importe, parce qu’en l’absence d’écran, c’est surtout votre oreille qui décidera. N’hésitez pas à vous pencher sur le mode d’emploi qui décrit très précisément le contenu des réponses impulsionnelles d’enceintes réalisées par l’éditeur italien spécialisé ChopTones (par exemple, preset 7 : basée sur un baffle Fender Twin Reverb ’65 Reissue 2×12 à haut-parleurs Jensen C12K, Neumann TLM103 + Royer R-121 pour la prise de son, préampli Neve 1073. Si ça, c’est pas de la précision dans l’info délivrée…).
On est en direct !
En parlant de manuel, conservez bien ce dernier avec vous car, en l’absence d’écran, la programmation des sons peut se révéler un peu fastidieuse les premières heures d’utilisation (il faut s’aider des potards rétroéclairés et de leur réaction suivant les choix de programmation réalisés, avec ou sans enceinte, avec tel effet…). Une fois ce petit monde mis en place, si on joue au casque ou directement dans des enceintes de monitoring, ça sonne rudement bien. C’est d’ailleurs l’intérêt de ce BAIO : avoir le son partout où on va et pouvoir en profiter pour jammer avec des playbacks envoyés dans l’appareil en Bluetooth depuis son smartphone.
Et de ce côté ça fonctionne très bien. La connexion USB-C est aussi là pour se servir de l’appareil en tant qu’interface audio pour s’enregistrer sur ordinateur comme sur smartphone. Soyons honnêtes, on a seulement essayé sur PC (avec Windows 10). Le son enregistré était propre, mais il a d’abord fallu gérer une petite latence avec les buffers de l’ordinateur pour être à l’aise avec l’écoute. Un studio mobile avec des réponses impulsionnelles de qualité, qui se trimballe dans la poche de la housse de votre guitare, c’est bienvenu.
Boîtier futé
On a aussi essayé le BAIO en direct dans un vrai gros ampli deux corps (en prenant soin de désactiver les réponses impulsionnelles). C’est pas mal, mais un poil raide avec les sons de base. On vous conseille donc de bien revoir l’égalisation sur ce petit multi par rapport au jeu au casque avec enceintes virtuelles et, si votre ampli possède une boucle d’effet, de bien brancher le BAIO dans le In/Return de cette dernière pour bénéficier du son direct de la machine, sans être influencé par aucun autre son de préampli.
En revanche, c’est parfait quand vous voulez surtout bénéficier des modulations (un Chorus et un Phase Shifter), du Delay (de type à bandes) et de la Reverb. S’il demande un petit temps de prise en main, ce boîtier futé va vous rendre de très nombreux services. Car au moment où vous vous poserez la question « mais est-ce que son va me servir un jour ? Et celui-là ? », vous vous rendrez compte que, pour moins de 100 balles, c’est à dire pour le même prix que la plupart des pédales standard du marché, vous aurez neuf amplis et huit enceintes sous le coude en plus d’un Delay, d’une Reverb, d’une interface audio, d’un accordeur… Avouez que c’est impressionnant.
Caractéristiques
- Type : multi-effets, interface audio-numérique
- Connectique : In, Out, sortie casque, USB-C (ordinateur), USB-C (Smartphone)
- Contrôles : Out, IR, Rev, Mix, FB, Delay, Mod, Tone, Drive, Preamp
- Dimensions : 162 x 61 x 23 mm
- Poids : 0,26 Kg
- Origine : Chine
- Prix : 99€
- Contact : www.algam-webstore.fr




