WORMSAND – Doom & Co.

Sorti début novembre 2024, l’excellent “You, The King“ a directement installé Wormsand dans le peloton de tête des groupes adeptes de doom musclé et de sludge aérien. Le trio originaire de Menton nous en dit plus sur ce nouveau long format totalement maîtrisé.

“You, The King“ est votre second album studio. Comment pourriez-vous décrire l’évolution entre ce disque et vos précédentes réalisations ?
Julien Coppo (guitare/chant) :You, The King” a une esthétique plus grunge, tout en conservant la démarche doom/sludge mélancolique qui est à l’origine de la création du groupe. Nous avons naturellement dévié vers une forme plus directe, plus efficace, moins narrative et psychédélique, que dans le précédent album “Shapeless Mass.

Doom, sludge, stoner, heavy psych : quand on écoute l’album, on se dit que les frontières entre les styles sont ici sacrément poreuses. Ce mélange est-il naturel ou plus réfléchi qu’il n’y paraît ?
Clément Mozzone (basse/synthés/chant) :
Nous sommes tous les trois des gros amoureux de rock au sens large et forcément influencés par l’ensemble de ce qu’on écoute. Nous n’avons pas vraiment défini un cadre stylistique précis, si ce n’est celui de composer la musique qui nous parle, massive et mélancolique. Et pour cet album particulièrement, nous avons favorisé une approche instinctive, en essayant de ne pas trop se poser de questions.

Cette manière de brouiller quelque peu les pistes, est-elle aussi due à une certaine alternance entre des parties vocales plus “classiques“ et des passages growlés ?
JC : Dès Clystone (groupe dans lequel Julien et Clément évoluait précédemment, ndr), nous avons toujours cherché à appuyer nos riffs et nos compositions avec le type de chant le plus adapté. Cette dualité entre le chant clair et le saturé fait partie de notre approche artistique, pour apporter du contraste et du poids à nos idées.

Dans le communiqué de presse qui présente “You, The King“, vous citez Yob, Monolord, Alice In Chains comme grandes références. En quoi ces groupes ont-ils joué un rôle dans votre parcours musical (ou dans l’élaboration de votre son) ?
CM : Ces groupes sont des références que l’on a choisies de mettre en avant parce qu’elles permettent aux personnes qui ne connaissent pas notre musique de se faire une idée de ce que l’on fait. Ils font partie de nos influences, mais au même titre que de nombreux autres groupes, qui peuvent sembler un peu plus éloignés de la musique que l’on compose.

En parlant de votre son, il est très travaillé au niveau de la production, mais avec un indéniable côté organique. Pas facile de trouver le point d’équilibre entre les deux, non ?
CM : À vrai dire, c’est plutôt une question qu’il faudrait poser à Jimbo, qui a mixé notre album. Nous voulions qu’il y ait un équilibre, que ça sonne assez massif et pas trop vintage, sans pour autant que ça paraisse hors de propos par rapport à notre musique qui tend à rester organique. Nous sommes très contents du travail de Jim, il a bien compris dans quelle direction nous voulions aller avec cet album.

Pouvez-vous dire quelques mots sur le splendide visuel de l’album ?
CM : Nous avions très envie de travailler avec Johrice, un très bon copain et un illustrateur que nous apprécions énormément. Nous ne lui avons pas trop fixé de contraintes, mais nous avions quand même l’idée d’un élément/personnage central, qui soit facilement identifiable. Et là aussi, nous sommes particulièrement satisfaits du résultat.

Quelle est l’actualité future de Wormsand ?
CM :
L’idée est de défendre cet album au maximum lors des prochains mois. Outre la tournée qui est prévue pour ce mois de février et qui s’apprête à commencer au moment où nous répondons à ces questions, nous avons pas mal de dates prévues tout au long de l’année 2025, notamment plusieurs festivals cet été, dont le Hellfest et Rock In Bourlon.

Photo : © Aymen Gold