Ancienne voix de The Decline! (punk-rock) et de Slim Wild Boar (folk), Kevin Gourdin s’est embarqué dans une nouvelle aventure en solo sous la bannière Drama King et a réalisé un premier long format, “Mud & Concrete“, touchant et profond. Notre homme passe en revue les albums qui ont jalonné son parcours de musicien.
Ton premier disque acheté ?
Le premier disque que j’ai demandé à mes parents de m’acheter, c’est une cassette. J’avais environ 10 ans et c’était une compilation des Beatles. Il y avait deux cassettes : une noire, qui compilait leurs premiers tubes, et une blanche avec leurs morceaux plus tardifs. J’étais raide dingue de cette dernière, je pouvais l’écouter en boucle et trouver à chaque écoute un détail que j’avais raté la fois d’avant. Le problème c’est que, depuis, j’évalue les disques que je découvre à l’échelle d’une compilation des Beatles. Trois ou quatre ans plus tard, j’ai acheté mon premier disque (encore une cassette) en rentrant tout seul, comme un grand, chez un disquaire (Rennes Musique) pour prendre “In Utero“, de Nirvana.
Quels sont tes albums de chevet ?
Je n’en ai pas et je pense que je n’en aurai jamais. Je ne fonctionne pas comme ça. J’écoute assidument les choses pour lesquelles j’ai des coups de cœurs. Parfois pendant très longtemps, mais ça s’arrête toujours un jour. Je peux y revenir plus tard, si j’ai bu un coup de trop et que je deviens lamentablement nostalgique. Mais aucun disque ne peut se targuer d’être depuis toujours sur ma table de chevet. Cependant de nombreux albums, même si je ne les écoute plus, ont laissé une trace indélébile dans mon esprit et dans ma vie : “London Calling“ de The Clash, “Rum Sodomy And The Lash“ de The Pogues, “Suprême NTM“ de NTM, “Blood On The Tracks“ de Bob Dylan, “Creep On Creepin’ On“ de Timber Timbre, ou encore “Ok Computer“ de Radiohead…
Quel est l’album auquel tu aurais rêvé de participer en tant que compositeur, chanteur et/ou musicien ?
Je suis très content d’être le chanteur de mes propres compositions. Par contre, si j’avais pu tenir juste la guitare dans Oasis lorsque le groupe était au sommet de sa gloire, je n’aurais pas dit non ! Un job sans trop de pression : tu joues des putains d’hymnes dans des stades et tu es aux premières loges pour voir les frangins faire de la merde. Ça aurait pu être fun.
Si tu devais retenir un album de The Decline!, lequel serait-ce ?
Le dernier, “Heroes On Empty Streets“, est pour moi le meilleur. Mais si je ne devais en retenir qu’un, ce serait le premier, “Broken Hymns For Beating Hearts. La session d’enregistrement, menée par Amaury Sauvé, m’a permis de me révéler en tant que chanteur. Ça a eu un impact considérable sur ma façon de faire de la musique et donc sur ma vie. Ou plutôt ça a eu un impact considérable sur ma vie et donc sur ma façon de faire de la musique.
Quels sont les disques qui résumeraient au mieux l’univers sonore de “Mud & Concrete“, le premier long format de Drama King ?
On est à la croisée de disques pop aux accents vintage, tels que “Cole’s Corner“ de Richard Hawley, ou même “Norman Fucking Rockwell“ de Lana Del Rey, et d’autres de rock très sombre, comme n’importe quel album de Madrugada, de Nick Cave And The Bad Seeds (avec une influence peut-être plus marquée ici de l’album “Ghosteen“ et ses longues nappes de synthés analogiques). On y ajoute une petite pointe de post-rock, et même de drone parfois, et on obtient le parfait cocktail pour résumer l’ambiance de “Mud & Concrete“.
Ta pochette d’album préférée ?
J’adore la pochette que Jean-Luc Navette a réalisé d’un album de mon autre groupe, Slim Wild Boar. L’album s’appelle “Tales From The Wrong Side Of Town“. Mais je dois admettre que je n’ai pas une grande sensibilité quant à l’aspect visuel des disques. Les morceaux laissent une trace chez moi, mais les pochettes, c’est rare.

Quel est ton dernier disque coup de cœur ?
Je suis un énorme fan d’un groupe américain actuel qui s’appelle Bambara. C’est une formation avec une identité sonore vraiment très forte, avec des musiciens qui tiennent la scène comme personne. Le dernier album “Birthmarks“ est à la hauteur des précédents.
Photo : © Grégory Perrochon

