Après 36 ans d’existence, Superchunk aurait pu céder aux sirènes de la nostalgie. Que nenni. Ce treizième album studio, moins poli et plus direct que son prédécesseur (“Wild Loneliness“ – 2022) se veut plus rageur, toute proportion gardée. Certes, de nombreux titres auraient très bien pu sortir dans les années 90 avec ce mélange de power-pop-punk et d’indie-rock, mais ils gardent pourtant toute leur pertinence en 2025. Car l’une des grandes forces du combo américain est de composer des morceaux intemporels en évitant soigneusement de verser dans des arrangements luxuriants ou de prendre des détours inutiles. Quand Superchunk a quelque chose à dire, il ne le cache pas derrière des couches de vernis. Autrement dit, ça va droit au but : des guitares qui mordent, une basse qui vibre, une batterie qui claque avec précision, et des refrains qui jaillissent comme des poings levés. Les protagonistes auraient-ils trouvé la formule de l’élixir de jouvence ? Vu la teneur du présent long format, c’est fort possible…
Dans un monde où le cynisme est roi, la sincérité qui se dégage des titres de “Songs In The Key Of Yikes“ fait sacrément plaisir à entendre. Et c’est bien là l’essentiel. Un disque résolument senior dans sa maturité, mais définitivement jeune dans son approche, quelque part entre The Lemonheads et The Replacements.

