Dans “Thirst“, Slow Crush ne se contente pas de décliner à l’infini les textures brumeuses et les lignes de chant en apesanteur chères au shoegaze. Le quatuor belge prouve qu’il sait aussi se faire sacrément plus mordant quand il le faut grâce à des guitares, certes enrobées d’une belle couche de Reverb, mais avec une rugosité plus marquée – voire rageuses – qu’à l’accoutumée. Des vagues électriques qui accumule la tension, avant d’exploser : c’est la forte impression que donne ce troisième long format habilement produit par Lewis Johns (Employed To Serve, Funeral For A Friend, Mountains…).
Après Aurora (2018) et Hush (2021), loin de la route et des tournées à rallonge, le combo originaire du plat pays s’est offert une respiration du côté de Southampton, au studio The Ranch, pour, si ce n’est totalement se métamorphoser, du moins se réinventer. Résultat : dix titres plus lourds, plus massifs, mais aussi plus intimes, la voix enchanteresse d’Isa Hollyday (chant/basse) n’étant pas étrangère à ce dernier sentiment.
Slow Crush signe ici son disque le plus viscéral, son plus lumineux aussi. Un album qui parle au cœur et aux tripes, affiche sans gêne sa vulnérabilité, quelque part entre Deftones et A.A. Williams, et qui confirme qu’au royaume du heavy shoegaze, les Belges jouent désormais dans la cour des grands.

