Bristol est définitivement LA ville rock de l’année 2025, avec un vivier de formations qui ne peut qu’impressionner. Après Knives, McLusky et Row Of Ashes, c’est au tour de Split Chain de se distinguer grâce à un premier album, signé sur le légendaire label Epitaph (Quicksand, Propagandhi, Refused, Converge, Descendents…), d’une impressionnante qualité. Mélange ultra efficace de nu-metal à l’ancienne et de shoegaze musclé, “motionblur“ se montre tout autant intense et bruyant que vulnérable. Mais ce qui frappe le plus, c’est cette étonnante maturité pour un premier long format. Les guitares sont épaisses à souhait, la section rythmique est d’une précision diabolique et les refrains, bien que fignolés avec le plus grand soin, ne verse pas dans le radio-friendly. Un exercice de style savamment maîtrisé, craché en à peine plus de 35 minutes et bourré de riffs façonnés à la bétonnière et de parties vocales à fleur de peau. De la belle ouvrage en la matière, il faut l’avouer.
On pourra toujours reprocher aux cinq Anglais de lorgner sans vergogne sur les platebandes de ses modèles. Oui, certains plans font fortement penser à Deftones, quand d’autres ne se gênent pas pour reprendre la formule éthérée et musclée chère à Narrowhead (ou à Som). Qu’importe, on retiendra d’abord, et surtout, cette dualité qui fait tout le charme de “motionblur“, entre rage et beauté, entre violence et émotion. Split Chain débute son histoire de la plus belle des manières, avec assurance et sincérité, et c’est bien là l’essentiel.

