MCLUSKY – The World Is Still Here And So Are We – (Ipecac Recordings)

Plus de 20 ans après son dernier long format, Mclusky est de retour, et par la grande porte, avec “The World Is Still Here And So Are We“. Deux  décennies, ça n’est pas rien dans la vie d’un groupe, le genre d’attente qu’on envisageait difficilement de pouvoir combler un jour, même si la reformation officielle en 2020 (contrairement à celle – sporadique – de 2014) avait débouché sur un EP de quatre titres d’excellente facture, histoire de nous faire saliver.

Dès le premier morceau, la bande à  Andrew Falkous, l’immuable frontman du trio gallois, reprend ses marques, comme si de rien n’était, et envoie avec une fougue retrouvée ce son abrasif et hargneux tellement caractéristique, le poids des années et l’expérience en plus. Entre noise au groove rampant et post-punk aspergé d’un humour noir so british, on mesure alors l’importance de l’héritage laissé par Mclusky pendant son absence que bon nombre de formations dans le genre ont su utiliser, souvent avec talent (Metz, Idles, Black Midi…). Les guitares grincent, la section rythmique claque, le groupe expérimente (The Battle Of Los Angelsea, Kafka-Esque Novelist Franz Kafka) comme à la grande époque, sans pour autant tomber dans un passéisme exagéré. Bon sang, ces gars nous avaient sacrément manqué. Et pas qu’un peu.

Oui, le monde est toujours là, cabossé comme jamais, à l’instar de la musique des protagonistes. Le groupe aussi. Et Mclusky continue de faire ce qu’il maîtrise à merveille depuis ses débuts : balancer des hymnes tordus aussi bruyants que brillants (Way Of The Exploding Dickhead, The Digger You Deep, Not All Steeplejacks). Preuve que l’on peut gueuler, disparaître pendant un temps conséquent, gueuler à nouveau, toujours aussi fort mais un brin différemment, sans pour autant se trahir. Du grand art en la matière.