SAMANTHA FISH – Paper Doll – (Rounder)

Elle a beau avoir roulé sa bosse depuis déjà plus de 15 ans et aligné une bonne douzaine d’albums au compteur (dont huit en solo sous son nom), Samantha Fish reste une « jeune » artiste de blues qui incarne à merveille ce que ce style a de plus rock et de plus dynamique, en bousculant sévèrement ses fondations pour le faire sonner de manière plus solide tout en respectant ses codes. Pas besoin d’ajouter de sonorités urbaines ou de tenter une production plus contemporaine pour amener un second souffle au genre en question. Il suffisait juste d’en remettre une couche avec des accents hard-rock, sans non plus partir dans le heavy-blues. Un jeu d’équilibriste parfaitement maîtrisé par celle qui a déjà fait remuer nos têtes et nos épaules avec “Faster“ en 2021 et son excellent “Death Wish Blues“, réalisé en collaboration avec Jesse Dayton en 2023.

“Paper Doll“ est l’album d’une artiste qui a pris de l’assurance et assume désormais sa voix avec la même confiance que celle qui caractérise son flamboyant jeu de guitare. I’m Done Runnin’, le titre d’ouverture, en est la plus belle des preuves. Samantha Fish fait preuve d’une véritable science du riff (Can Ya Handle The Heat?), joue avec des sons plus crus (Rusty Razor, en duo avec Mick Collins des Dirtbombs), et délivre un vrai discours féministe engagé sur Paper Doll. Autant de chansons au son live (car enregistré majoritairement de cette manière avec le groupe l’accompagnant sur les routes) qui sentent à la fois l’urgence et la réflexion : un duo gagnant pour un disque de blues-rock moderne dans son propos et sa vitalité, et classique dans sa volonté d’aborder le son de manière organique. Samantha Fish mérite bien plus qu’une simple reconnaissance cliché du type « ah oui, elle se démerde bien à la guitare ». Parce qu’elle incarne l’avenir du blues dans ce qu’il a de plus accrocheur, sans verser dans le mainstream acidulé. Une artiste authentique, point barre.