PUP – Who Will Look After The Dogs? – (Little Dipper/Rise Records)

Dans ce cinquième album de Pup, on retrouve avec grand plaisir ce mélange de punk-pop tranchant et bricolé, de mélodies fragiles et imparables, et de désespoir lucide. Stefan Babcock, le frontman du groupe canadien, manie le second degré, voire l’humour noir, avec brio et une voix toujours au bord de la rupture, qui vacille mais tient bon. La fatigue est palpable et traduit à merveille les angoisses de l’intéressé, non sans une certaine ironie : la frustration, la peur de vieillir dans un monde absurde et d’adultes dans lequel ses amis se marient, ont des enfants, alors que lui reste immanquablement sur la touche. Ne pas masquer ses propres failles, autant faire preuve d’honnêteté, sans forcément surjouer.

Musicalement, “Who Will Look After The Dogs?“ ne cherche pas à conquérir de nouveaux territoires, mais il consolide tout ce que Pup a construit jusqu’ici, soit douze ans après sa première réalisation, avec des références presque évidentes sur bon nombre de titres (Weezer, Nef Herder, mais en moins potache, ou encore le Pixies un peu foutraque des débuts). Ça braille sur des guitares rugueuses, soutenues par une rythmique qui fait bien plus que le job, sans tomber pour autant dans l’effet de style gratuit. Un disque sans artifice et sans posture, assurément la définition – presque – parfaite de ce que devrait être la sincérité.