Héritier direct de “Flickering Resonance“, “Ascending“ propose quatre titres issus des sessions d’enregistrement du précédent long format de Pelican qui n’avaient pas su trouver leur place dans la tracklist de l’objet en question. Ce nouvel EP – tout comme son grand frère aîné de 2025 – capture l’élan d’un groupe revigoré par le retour de Laurent Schroeder-Lebec, guitariste et membre fondateur de Pelican (absent de l’aventure pendant une bonne dizaine d’années), et par une reconnexion profonde à ses racines chicagoanes : une musique sans barrières, guidée par l’instinct plus que par la démonstration.
Le morceau éponyme en ouverture est sans conteste le cœur battant du disque. Lent, massif, presque cérémonial, Ascending déploie une tension progressive qui illustre parfaitement la maîtrise du temps et de l’espace chère à Pelican. Adrift et Tending The Embers prolongent cette approche contemplative, entre riffs imparables et mélodies suspendues, post-metal raffiné et réminiscences grunge, confirmant que le quatuor américain excelle dans l’art de suggérer plutôt que d’imposer.
Mais la véritable surprise vient de la version chantée de Cascading Crescent, une chanson déjà présente sur “Flickering Resonance“. La voix de Geoff Rickly (chanteur de Thursday), fragile et habitée, introduit une dimension émotionnelle nouvelle sans jamais dénaturer l’architecture instrumentale du groupe. Loin d’un simple featuring, ce moment agit comme une fissure lumineuse – et quelque peu surprenante à la première écoute – dans un univers sonore d’habitude dénué de parties vocales.
Plus qu’un EP de transition, “Ascending“ est un trait d’union entre passé et futur, entre rigueur et liberté. Pelican y rappelle qu’après vingt-cinq ans de carrière, son plus grand luxe reste de continuer à avancer, lentement mais sûrement, sans jamais se fixer de règles. La marque des grands groupes, assurément.

