Six ans après “Nighttime Stories“, Pelican revient avec “Flickering Resonance“, un album qui marque le retour du guitariste fondateur Laurent Schroeder-Lebec, absent des débats depuis 2009 (« What We All Come To Need“). Et c’est peu dire que sa réintégration remet du carburant dans la machine. Enregistré à Chicago, ce septième long format témoigne plus d’une évolution sonore notable que d’une réelle révolution.
Du premier au dernier titre, “Flickering Resonance“ façonne une atmosphère dense et introspective. On reconnaît certes, la patte du groupe, mais avec une approche un brin différente, moins post-metal, plus portée vers le post-hardcore des années 90 (pour preuve le son général des guitares), de Quicksand à Failure, en passant par Cell et son grandiose premier album “Slo-Blo“.
Grâce aux oreilles expertes du fidèle Sanford Parker (Yob, Eyehategod, Voivod, Local H), la production est limpide et sans artifices, chaque instrument trouvant sa place comme pour laisser respirer les autres quand il le faut. Les riffs de guitare se séparent pour mieux s’entrelacer l’instant d’après, se superposent comme par magie, soutenus par une section rythmique d’une impressionnante précision. L’ensemble est lourd à bien des égards, mais jamais pesant. Massif, mais toujours en mouvement. Une véritable leçon d’équilibre qui prouve une nouvelle fois toute la savante maîtrise du quatuor américain pour ce genre d’exercice, avec de nombreux morceaux de premier choix (Gulch et son riff principal entêtant, Indelible, Cascading Crescent, ou encore le magnifique et très atmosphérique Wandering Mind en guise de conclusion).
Avec “Flickering Resonance“, Pelican signe un retour des plus inspirés, mêlant avec un indéniable talent – et beaucoup de subtilité – puissance et sensibilité, confirmant ainsi (si besoin était) sa place à part dans l’univers du post-quelque-chose instrumental. Un très grand et bel album, assurément.

