À l’écoute de “Meaningless Monuments“, on se dit qu’Occult Hand Order n’est pas le genre de groupe à évoluer dans la catégorie des amateurs de sensations immédiates. Ne vous attendez donc pas à trouver ici des riffs à siffloter sous la douche ou des structures calibrées au millimètre. Le désormais quatuor déroule un doom massif et introspectif, qui préfère les longues montées en tension à l’impact frontal.
Dès les premières minutes, le ton est donné avec des guitares accordées au plus bas, des tempos plombés dans la pure tradition du style et une ambiance générale crépusculaire, qui évoque autant la fin d’un monde que le début d’un autre. Pourtant, ranger Occult Hand Order dans la case du doom classique serait bien réducteur. La formation lyonnaise injecte dans ses longues plages une dimension presque post-rock faite de respirations aériennes, mais également des textures éthérées empruntées au space-rock. Un mélange savamment agencé qui vient de temps à autre alléger la densité globale et créer une tension constante entre lourdeur et élévation.
“Meaningless Monuments“ n’est pas un disque que l’on écoute distraitement en buvant un Spritz pour marquer la fin d’une belle journée estivale en bord de mer. Il demande du temps, un abandon certain. Les morceaux s’étirent, prennent le risque de la répétition, pour installer progressivement une forme de transe. Les thèmes d’effondrement et de quête de sens y circulent en filigrane, sans jamais sombrer dans le pathos. Que reste-t-il quand tout s’écroule ? Peut-être que la réponse se trouve cachée dans les titres énigmatiques des cinq chansons (des noms de villes européennes) du présent long format ? Allez savoir…
Au final, “Meaningless Monuments“ fait d’Occult Hand Order un groupe à part dans la scène doom de l’Hexagone, avec une approche du genre plus singulière qu’elle n’y paraît. Un album dense et terriblement habité, à réserver aux auditeurs prêts à plonger dans ses abysses sans gilet de sauvetage.

