YOYO CLUB 66 – Yoyo Club 66 – (Autoproduction)

Le premier EP de Yoyo Club 66 ne joue pas la carte de la propreté chirurgicale et préfère tout miser sur le grain, l’attaque et le ressenti. Quatre titres captés en conditions quasi live, sans métronome pour lisser les angles, avec ce qu’il faut d’immédiateté pour garder intacte l’énergie brute. Le résultat final est quelque peu atypique, parfois bancal, mais toujours organique et, surtout, totalement crédible.

Le cœur du projet repose sur une Cigar Box, parfois abondamment saturée (mais pas que), et une batterie sèche, sans artifice. Le duo exploite à fond ce format réduit pour en tirer une palette étonnamment large. Les riffs, souvent minimalistes, s’appuient sur un jeu de nuances et de textures : Fuzz baveuse type Tone Bender, grain acide façon Rat (le modèle White, si on se réfère à la bio du groupe disponible sur son Bandcamp) et des sub-octaves qui épaississent le spectre sans jamais l’alourdir inutilement. On est clairement dans une approche « less is more », où chaque effet est utilisé comme un outil d’expression, pas comme un cache-misère.

Entre rock crasseux et échappées quasi post-rock plus atmosphériques, ce premier EP parlera aux amateurs autant de sons bruts que de bizarreries sonores. Yoyo Club 66 y trouve un équilibre instable mais maîtrisé, le tout porté par une vraie identité forgée à la main, avec du bois, du métal et beaucoup d’électricité.