Deux ans après un impressionnant premier long format (“Dragging Bodies To The Fall“), Junon revient avec “Dead Ends & Other Failures – Part One“, un EP tendu et sans concession, qui marque les débuts d’une épopée en trois actes. Clairement, les ex-General Lee ne cherchent pas à arrondir les angles et avancent au travers de ce trio de nouveaux titres avec une approche du post-metal plus maîtrisée que jamais, où chaque riff semble peser une tonne et chaque silence compte autant que la masse sonore.
The Chaser ouvre magnifiquement le bal sur une dynamique étouffante à souhait. Pas de montées ou de déflagrations spectaculaires, le sextuor nordiste préfère installer un malaise diffus à la charge émotionnelle imparable. Une stratégie qui pourrait frustrer les amateurs de climax (trop) évidents, mais qui donne à l’ensemble une vraie identité. Chez Junon, l’intensité ne résulte pas forcément de l’explosion, mais de l’accumulation.
La production renforce cette impression de bloc sonore. Les guitares forment un mur compact, traversé de dissonances et de rares éclaircies mélodiques. Ces respirations, éparses mais cruciales, évitent à l’ensemble de verser dans la facilité du pilotage automatique et témoignent d’un vrai sens de la nuance largement au-dessus de la moyenne dans le genre.
Ce premier volet pose les bases d’un triptyque ambitieux, où les failles humaines (l’échec, la fuite, l’affrontement avec soi-même, l’ombre persistante de la mort) deviennent un moteur créatif. Avec “Dead Ends & Other Failures – Part One“, Junon réalise un EP exigeant et cohérent, à apprivoiser au fil des écoutes, qui pourrait bien révéler toute sa portée dans la suite annoncée.

