FOO FIGHTERS – Your Favorite Toy – (RCA/Sony Music)

Trois ans après “But Here We Are“, disque hanté par la disparition de Taylor Hawkins et de Virginia Grohl (la mère de Dave), les Foo Fighters reviennent avec “Your Favorite Toy“, douzième album studio et premier chapitre de l’ère Ilan Rubin derrière les fûts. Dans une période qui a vu son frontman essuyer quelques tempêtes personnelles, le groupe choisit de répondre par le seul langage qu’il maîtrise à merveille depuis plus de trente ans, celui des riffs épiques et des refrains qui cognent au plexus.

Avec ses trente-six minutes et des poussières tendues comme une corde de guitare, “Your Favorite Toy“ refuse clairement le confort dans lequel tant de géants du rock finissent par s’installer. L’arrivée de Rubin n’a sans doute rien d’anecdotique quant au résultat final. Connu pour son travail avec Nine Inch Nails et sa redoutable technique, le batteur n’essaie jamais d’imiter Hawkins. Là où ce dernier amenait flamboyance, groove généreux et un sens du show permanent, le nouveau venu préfère une mécanique plus sèche, plus nerveuse. Son jeu resserre les boulons et ramène le groupe à une forme d’immédiateté dans son approche qu’on croyait, si ce n’est dissipée, du moins quelque peu en sommeil.

Dès l’ouverture avec Caught In The Echo, la machine démarre au quart de tour, comme si les Foo Fighters voulaient revenir aux fondamentaux et entendaient bien le faire savoir. On retrouve de temps à autre l’esprit de “Wasting Light“ dans le présent long format, avec cette manière d’entrer dans une pièce en défonçant la porte, de lancer des riffs comme des uppercuts au menton et de transformer chaque refrain en cri collectif. Si où “Wasting Light“ respirait la certitude triomphante d’un groupe au sommet, ce nouveau cru avance avec une confiance cabossée par les épreuves de la vie, plus rageuse que glorieuse (Spit Shine, la fin tout en puissance de Asking For A Friend). Et que dire du morceau éponyme qui coche toutes les cases du single imparable ? Riff accrocheur, refrains fédérateurs et du mordant dans la besace… Bref, du Foo Fighters à la lettre. Clair, net et diablement efficace.

Logiquement moins poignant que son prédécesseur, mais nettement plus tranchant, “Your Favorite Toy“ n’a pas besoin d’être irréprochable pour compter. Il devait seulement prouver – si besoin était – que les Foo Fighters avaient encore du jus, encore quelque chose à défendre face au temps qui passe et aux statues qu’on érige trop tôt. Mission accomplie. L’éternel type le plus sympa du rock et ses acolytes sont de retour. Et de la plus belle des manières, avec du cœur et une bonne dose de sincérité.