HIROE – Wield – (Pelagic Records)

En 2022, Hiroe avait sorti “Wrought“, un EP qui faisait la part belle à un post-rock instrumental plutôt classique, parfois plus musclé sur quelques passages. Encore fallait-il transformer cet essai, certes scolaire dans la forme, mais plein de promesses. C’est chose faite, trois ans plus tard, avec un premier album aussi dense que ténébreux. La production de Mario Quintero, chanteur/guitariste de Spotlights, n’est sans doute pas étrangère au résultat final, grâce à un mix ample et précis, offrant à chaque instrument la possibilité de trouver sa place, malgré la présence de trois guitares. Clairement, le quintette de Philadelphie a franchi une étape avec “Wield“, en musclant sa musique, tout en lui apportant plus de nuances.

Et vu la teneur du présent long format, enveloppé dans une mélancolie assumée qui semble pouvoir exploser à tout instant, qu’importe si régulièrement on pense à Russian Circles pour l’épaisseur (The Crush), à Caspian pour le côté épique des crescendos, ou encore à Pelican quand les guitares deviennent plombées et réveillent subrepticement l’esprit d’un post-hardcore marqué par le sceau des années 90 (Tides). Ces références rutilantes, la formation américaine les a savamment digérées, broyées, pour mieux les recracher, faisant preuve d’une incontestable personnalité pour redéfinir – à sa manière et avec simplicité – certains codes du post-rock.

Hiroe réalise ici un album aux multiples tensions et contrastes, profondément organique, dans lequel chaque déflagration et chaque silence ont un sens, pour peu que l’auditeur prenne le temps de les découvrir et de les comprendre, écoute après écoute. Un sacré bon disque vivement conseillé.