Huit ans après “Harvester Of Bongloads“, Goya signe un retour fracassant avec un album aussi massif que mélancolique. Dès le titre éponyme en ouverture, le ton est donné : doom lent et musclé, abondamment chargé en Fuzz, riffs brumeux et section rythmique en mode marche funéraire. Imaginez un cortège d’étranges personnages encapuchonnés et vêtus de longues robes, entrant dans une crypte éclairée par des bougies aux flammes vacillantes, et vous aurez une petite idée de ce qui vous attend…
Pour produire au mieux cette ode aux ténèbres, le trio a fait appel à Jack Endino, figure légendaire de Seattle (Soundgarden, Nirvana, Mudhoney, Gruntruck, Screaming Trees…), qui a eu la bonne idée de respecter le côté rouleau compresseur du groupe, tout en y insufflant de la profondeur et une certaine clarté, malgré l’épaisseur générale du son. On pense de temps à autre à Sleep, à Pallbearer, ou encore à Mars Red Sky, mais on pense surtout à un groupe qui a définitivement compris que la lourdeur ne suffit pas si elle ne sert pas un propos, et qui sait transformer avec une imparable maîtrise le désespoir en une véritable matière sonore, doublée d’une émotion à fleur de peau. Sombre, le résultat l’est sans conteste, mais jamais gratuitement. Avec “In The Dawn Of November“, Goya réalise un album qui s’écoute autant avec les tripes qu’avec les oreilles. Assurément l’un des disques estampillés doom les plus réussis de l’année 2025.

