Sept mois après “Kilonova“, Greg Kubacki remet le couvert avec “Supervoid“, deuxième déflagration de Sun Guts et nouveau plongeon sans bouée dans les abysses du metal instrumental. Le premier album avait posé les bases d’un improbable croisement entre djent, mathcore et post-metal. Ce nouveau chapitre continue de pousser dans le rouge le curseur de la complexité. Ici, le riff n’est plus seulement un riff, c’est une équation tordue, une masse en mouvement perpétuel dont on peine régulièrement à anticiper la prochaine mutation.
Kubacki, décidément peu intéressé par les chemins balisés, empile les métriques bancales, les polyrythmies vicieuses et les cassures rythmiques avec une précision chirurgicale. Le djent ultra-technique sert de colonne vertébrale à un édifice qui menace constamment de s’effondrer sous son propre poids, tandis que le post-metal injecte une dimension plus tellurique, presque abstraite. Les guitares grondent, vrillent, se désarticulent et s’entrechoquent, transformant chaque composition en véritable parcours du combattant.
Mais derrière cette démonstration de virtuosité, Sun Guts conserve une étonnante capacité à créer une tension quasi continue. “Supervoid“ne cherche jamais la facilité ni même la séduction immédiate. Il impose son langage, parfois brutalement, souvent sommation, avant de laisser entrevoir quelques éclairs de lumière au cœur du chaos. Une musique exigeante, cérébrale et physique à la fois, qui devrait ravir les amateurs de Car Bomb (logique, notre homme en est la tête pensante), Meshuggah et de math-metal (?) sous haute pression. Sept mois après “Kilonova“, Greg Kubacki prouve surtout qu’il n’a manifestement aucune intention de lever le pied.

