Après une salve de trois titres balancée en 2019 sous forme de démo, à peine un an après sa formation, Down To The Wire passe à la vitesse supérieure et se fend d’un premier album qui impose d’emblée une identité solide. Le quatuor parisien puise sans complexe dans l’ADN de la scène grunge de Seattle, quelque part entre Gruntruck et Alice In Chains (notamment dans ces harmonies vocales à deux têtes qui suintent la mélancolie) tout en s’inspirant de certaines formations metal des années 90 (Downset, Far), harmoniques à la guitare typiques de l’époque à l’appui. Point d’exercice de style pour autant, Down To The Wire fait mieux. Les quatre compères digèrent, transforment, et recrachent un son qui leur appartient pleinement.
En dix morceaux sans gras, Down To The Wire prouve habilement que revisiter ses influences ne signifie pas regarder en arrière. C’est au contraire une manière de les faire avancer. Une leçon nette et précise, sans nostalgie stérile, sur l’art délicat de fabriquer du (très bon) neuf avec du vieux.

