METZ – Up On Gravity Hill – (Sub Pop)

Fallait-il voir dans le précédent et excellent album de Metz, “Atlas Vending“ (2020), le point final d’un chapitre ? Un premier pas vers autre chose ? Probablement les deux. Avec “Up On Gravity Hill“, le trio canadien semble ici moins intéressé par l’impact immédiat que par la manière dont ses morceaux s’installent, persistent, et finissent par laisser une empreinte plus insidieuse.

Dès les premières écoutes, le contraste est probant : là où les premières réalisations du groupe frappaient comme des décharges électriques à répétition, ce nouvel album joue davantage sur la tension contenue. Moins frontal, moins physique peut-être, mais toujours aussi mordant. Car Metz n’adoucit pas pour autant son propos, il le redirige. Les guitares restent abrasives, les rythmiques nerveuses, mais l’ensemble respire différemment, avec plus d’espace et de nuances.

Les influences du groupe (The Jesus Lizard et Hot Snakes en têtes de liste), sont toujours là, mais elles ne dictent plus la marche à suivre. Elles deviennent des points de repère parmi d’autres, intégrées dans une écriture plus ouverte, voire plus mélodique par moments. Une évolution qui permet aux protagonistes de sortir du carcan parfois étouffant du noise-rock pur et dur, sans jamais renier ce qui fait la force Metz. Preuve en est avec Light Your Way Home, en conclusion du présent album, une ballade crépusculaire qui tranche avec la rugosité habituelle et montre une facette plus vulnérable du groupe. À l’inverse, 99 injecte une énergie post-punk qui rappelle – toute proportion gardée – Idles, avec cette même urgence nerveuse et ce sens du groove tendu.

Au final, “Up On Gravity Hill“ capte un groupe en pleine transition, qui apprend à élargir son spectre sonore sans perdre son identité. Moins dans la démonstration, plus dans la maîtrise, Metz prouve qu’il est possible de mûrir sans s’assagir, juste en acceptant de laisser entrer un peu de lumière dans ses déflagrations.