Originaire de Bristol, cité anglaise à l’incroyable vivier musical (Mclusky, Knives, Row Of Ashes…), Peach se fend d’un second album diablement instinctif et judicieusement bruyant, où les références que l’on devine en filigrane ne sont jamais figées dans le marbre, mais servent d’outils pour sculpter une musique brute et sans filtre. “Only Love“ contient une bonne dose de poil à gratter pour que l’auditeur soit toujours sur le qui-vive. Un régal pour peu que vous appréciez les formations qui refusent catégoriquement toute tentation de polissage.
Force est de constater que, du premier au dernier titre, Peach maîtrise à merveille l’art de la tension constante. Entre de réguliers dérapages noise-rock, une approche artistique empruntée au punk et quelques clins d’œil appuyés au grunge, le quatuor anglais ne choisit jamais vraiment son camp, préférant entretenir ce tiraillement pour mieux brouiller les pistes. Le disque avance comme un bloc compact, une suite de déflagrations contenues où chaque titre semble prêt à déborder (Unhappy People, Now You Say), sans jamais céder totalement à l’explosion.
Sous les couches épaisses de saturation, Peach laisse aussi filtrer des mélodies plus amères que franchement accrocheuses (It’s Only Love, I Don’t Like You), comme si la rage dissimulait une fragilité plus profonde. Peach joue habilement avec les dynamiques et les contrastes, alternant frontalité et retenue, densité et respiration, quelque part entre les tout premiers émois musicaux de PJ Harvey et BigIBrave.
Mieux produit et au final plus abouti que son prédécesseur (qui reste cependant hautement recommandable), ce second long format prouve que Peach a gagné en profondeur et en cohésion, et qu’il a bien plus à dire que du simple bruit. Comme les protagonistes l’ont si bien écrit dans leur mini présentation sur leur page Bandcamp, “Only Love“ pourrait se résumer ainsi : « Its noisy, its angry, its honest. » What else ?

